Les actualités 2026 de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse
7 mars 2026 : Sont-ils en train de retourner leurs vestes ?
Les élections municipales ont du bon ! C’est l’occasion pour les citoyens de poser les questions qui fâchent aux candidats. C’est ce qui s’est passé ce vendredi 6 mars à la réunion publique organisée par la liste “Oser Oloron Ensemble” dans le quartier Sainte-Marie d’Oloron-Sainte-Marie. Les participants principaux à cette liste, c’est-à-dire l’actuelle adjointe au maire et conseillère départementale Marie-Lyse Bistué, l’actuel maire d’Oloron-Sainte-Marie et conseiller régional Bernard Uthurry et le député Inaki Echaniz, auraient commencé à retourner leurs vestes en admettant que le projet actuel de réouverture de la ligne Pau – Canfranc ne serait pas acceptable en l’état.
Il semblerait même que la Région et SNCF Réseau seraient en train de préparer un projet différent et que des mesures seraient prises pour tenter de diminuer la fréquentation des poids-lourds sur la RN 134. Rappelons pourtant que la réouverture n’est socio-économiquement viable uniquement par le passage de nombreux trains de marchandises et que la seule desserte de quelques usagers en haute vallée d’Aspe ne peut justifier à lui seul l’investissement de plusieurs centaines de millions d’euros.
Alors, réel retournement de veste ou posture électoraliste à l’approche des élections municipales ? L’avenir le dira, mais les choses semblent bouger…
3 mars 2026 (correction minime au 6 mars 2026): l’attitude abjecte et à vomir de SNCF Réseau en Nouvelle-Aquitaine
C’est fait ! SNCF Réseau vient de répondre à 193 des 194 contributions sur son site internet concernant la concertation de la MECDU (pas de réponse à la contribution n°608). Ou plus exactement, SNCF Réseau vient de botter en touche comme on pouvait s’y attendre et trouve tous les mauvais prétextes pour éviter de parler du fond de ce projet. En clair, ce sont 181 contributions qui ont toutes reçu cette même réponse :
“Bonjour,
Nous vous remercions pour votre participation à la concertation organisée au titre du Code de l’Urbanisme. Votre implication témoigne de l’intérêt porté au débat public et à l’avenir du territoire.
Après analyse, il apparaît que votre contribution ne relève pas directement des thématiques soumises à la concertation, lesquelles portent spécifiquement sur la mise en compatibilité du projet avec les documents d’urbanisme en vigueur.
Conformément aux dispositions du code de l’urbanisme, seules les observations en lien avec ces sujets peuvent être intégrées au registre et prises en compte dans le bilan de la concertation.
Vos remarques seront prises en compte dans le cadre de l’élaboration du dossier d’Enquête publique Préalable à la Déclaration d’Utilité Publique au sein duquel les données consolidées du projet seront précisées et mises à la disposition du public lors de l’enquête publique.”
et 12 contributions qui ont reçu des réponses sans beaucoup d’intérêt si ce n’est aucun intérêt (n°717, 710, 709, 610, 607, 606, 568, 567, 560, 559, 557, 556) excepté que les propriétaires concernés par des expropriations seront informés des expropriations après l’obtention de la Déclaration d’Utilité Publique (n°560 et 557). Les propriétaires concernés apprécieront cette méthode infâme et méprisante de SNCF Réseau ! Mais à quoi pouvez-t-on s’attendre de ce gestionnaire d’infrastructure considéré comme le plus nul et le plus mauvais d’Europe. Pire et malheureusement pour nous, c’est certainement la direction territoriale de Nouvelle-Aquitaine qui est la plus abjecte et la plus à vomir de France. Au mois, les Languedociens, Normands, et Franciliens ont eu droit à des réponses intelligentes dans leurs concertations sur les projets de la « Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan », la « Ligne Nouvelle Paris – Normandie », de l’« Optimisation de l’avant-gare de Paris Saint-Lazare », et la « Régénération du viaduc ferroviaire de Bonneville » Donc, pour la sincérité et la crédibilité de SNCF Réseau en Nouvelle-Aquitaine, on repassera… Dernière chose, le site internet qualifiait de « Grand Projet » la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc. Cette dénomination a désormais disparu ce qui est très révélateur.
Voici donc le fichier remis à jour avec les réponses sans intérêt de SNCF Réseau et les réponses pertinentes et intéressantes du CROC. Ces réponses n’engagent bien évidemment que le CROC !
https://drive.google.com/file/d/1UzuMN6EcWVgyQP35nwx7RdgJNToopK-J/view?usp=drive_link
1er mars 2026 : on a retrouvé 19 contributions de la concertation MECDU de décembre 2025 mais il en manque encore
SNCF Réseau a encore bidouillé la base de données de la concertation de la MECDU dans son coin et sans rien dire. Ce sont désormais 19 contributions supplémentaires (n°581, 590, 592, 598, 599, 600, 601, 603, 607, 613, 614, 617, 618, 626, 691, 697, 699, 708, 712) venant de contributeurs anonymes dont aucune favorable au projet qui ont été rajoutées en plus des 27 contributions qui avaient mystérieusement disparues et qui ont été réintégrées (voir article du 11 janvier 2026). Cela fait donc désormais un total de 194 contributions sur le site internet de SNCF Réseau concernant la concertation de la MECDU. Pourtant, la lettre du projet n°2 [1] parle de 229 contributions (voir article du 23 février 1016). Il en manque donc encore 35, peut-être vont-elles réapparaître un jour ou un autre !
Bien évidemment, toujours aucune réponse de la Région et de la SNCF Réseau à ces 194 contributions. Vont-ils un jour daigner répondre ? On peut désormais en douter !
Faute de réponses de la Région et de SNCF Réseau, le CROC a rajouté quelques réponses aux questions les plus pertinentes des contributeurs dans le fichier joint. Ces réponses n’engagent bien évidemment que le CROC !
https://drive.google.com/file/d/1UzuMN6EcWVgyQP35nwx7RdgJNToopK-J/view?usp=drive_link
Voici les statistiques mises à jour qui peuvent être faites sur ces 194 contributions.
| Avis positifs | Avis négatifs | Avis neutres |
Sans question | 28 | 37 | 5 |
524 525 528 529 530 531 533 537 538 539 541 542 543 545 547 548 550 555 565 573 575 576 582 591 696 702 704 711 | 532 534 535 536 544 549 552 558 561 564 574 577 589 592 594 595 599 602 604 605 607 612 614 691 693 697 698 699 700 701 706 707 708 713 714 715 716 | 540 546 578 581 597 | |
Avec questions | 0 | 115 | 9 |
– | 551 556 557 559 560 563 566 567 568 569 570 571 572 579 580 583 584 585 586 587 588 590 593 596 598 600 601 603 606 608 609 611 613 615 616 617 618 619 620 621 622 623 624 625 627 à 690 692 694 695 703 705 712 717 | 526 527 553 554 562 610 626 709 710 | |
Total | 28 | 152 | 14 |
14,4% | 78,4% | 7,2% |
Le nombre des avis négatifs à ce projet est toujours largement plus élevé que le nombre des avis positifs. SNCF Réseau ne pourra toujours pas dire que son projet a reçu « un accueil globalement favorable, mais nuancé » et qu’il y a eu « une opposition marginale, mais affirmée » [2].
[1] : Réouverture de la ligne Pau-Canfranc, Lettre du projet, Edition n°2, janvier 2026 – Région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Réseau – 29 janvier 2026
[2] : Concertation préalable volontaire, Bilan des maîtres d’ouvrage – Pau – Canfranc, Projet de réouverture de la ligne ferroviaire – SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexions, la CNDP – Mars 2025
23 février 2026 : deux mois sont passées et toujours pas de réponses de la Région et de SNCF Réseau aux questions des contributeurs de la concertation MECDU
Cela fait maintenant 2 mois que la concertation MECDU s’est terminée. A la date d’aujourd’hui, la Région et SNCF Réseau n’ont toujours apporté aucune réponse aux 175 contributions postées par les contributeurs dont de très nombreuses questions sur le fondement de ce projet. Comme lors de la concertation de l’automne 2024 et malgré l’engagement de SNCF Réseau auprès des garants de la CNDP, la promesse de la Région et de SNCF Réseau de répondre aux questions posées sur le site internet n’est toujours pas tenue. La Région et SNCF Réseau se sont simplement contentées de fournir la lettre n°2 du projet [1], lettre dont le contenu est totalement creux et sans aucun intérêt, et donc qui n’apporte strictement aucune réponse aux nombreuses attentes des contributeurs, des concitoyens et des élus locaux. Il était pourtant dit dans l’agenda en première page de cette lettre que les maîtres d’ouvrages allaient répondre aux contributions en janvier 2026. Une fois de plus, il n’en est rien et la crédibilité et la sincérité chères au directeur territorial de SNCF Réseau, Jean-Luc Gary, sont de nouveau mises à mal. Tout cela démontre une fois de plus que ces concertations ne sont que des mascarades de démocratie participative. Cette lettre nous apprend cependant que ce seraient 229 contributions qui ont été émises là où le CROC en compte seulement 175 ! Où sont passées les 54 contributions invisibles qui se rajoutent aux 27 disparues ? De plus, cette lettre a été diffusée en 2 versions : la première version parue le 27 janvier parle de 7 contributions qui ont trait à la concertation MECDU ; la seconde version parue le 29 janvier parle de 16 contributions qui ont trait à la concertation MECDU. Cela signifie-t-il que la Région et SNCF Réseau se contenteront de répondre uniquement à ces 16 contributions, rejetant les autres comme n’étant pas directement liées à la MECDU : dans leur ignominie, ils en sont capables !
Rappelons que le CROC a répondu aux questions les plus pertinentes des contributeurs dans le fichier joint. Ces réponses n’engagent bien évidemment que le CROC !
https://drive.google.com/file/d/1UzuMN6EcWVgyQP35nwx7RdgJNToopK-J/view?usp=drive_link
Sinon, le site internet du projet de réouverture dont l’administration est faite par SNCF Réseau n’est toujours pas mis à jour. L’on attend toujours et encore le compte-rendu et la vidéo de la réunion houleuse du 24 juin 2025. De plus, dans la rubrique « Projet », il est toujours indiqué que la ligne permettra « un trafic ferroviaire cumulé de 50 trains par jour » et qu’elle « sera en capacité d’accueillir 10 allers-retours de trains de fret par jour, dont 8 trains de fret affectés au ferroutage. » Ce site internet ne reflète donc pas la nouvelle orientation du projet désormais voulue par la Région et SNCF Réseau qui souhaitent revenir aux hypothèses de convergence de 2020, où il n’est pas prévu d’électrification et où le trafic de marchandises serait simplement de 1 aller-retour maximum par jour à la réouverture pour monter à 3 aller-retours maximum par jour en 2050. Pour la crédibilité et la sincérité de ce projet chères au directeur territorial de SNCF Réseau, Jean-Luc Gary, il serait bien que SNCF Réseau mette à jour son site internet avec ses nouvelles hypothèses.
[1] : Réouverture de la ligne Pau-Canfranc, Lettre du projet, Edition n°2, janvier 2026 – Région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Réseau – 29 janvier 2026
15 février 2026 : le site internet du CROC a les honneurs de servir de source à deux pages entières dans Sud-Ouest consacrées à la ligne ferroviaire Pau – Canfranc, le vent tourne sur ce dossier
Ce dimanche 15 février 2026, Sud-Ouest consacre deux pages entières sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc dans toutes ses éditions départementales [1] [2] et surprise, le journaliste fait référence à votre site internet préféré comme origine de ses sources ! C’est un véritable honneur et une consécration pour notre site internet géré par plusieurs bénévoles qui ne comptent pas leurs heures pour vous apporter informations sourcées et dossiers sur tout ce qui tourne autour de cette ligne ferroviaire.
Le vent tourne également ! D’habitude, chaque article sur ce sujet a droit à une interview d’un membre de l’association des partisans de la réouverture. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas et c’est une nouveauté. De plus, le ton de ces deux articles dénote par rapports aux articles précédents, le journaliste de Sud-Ouest parle désormais [1] de « dossier qui se traîne », « le nombre de ses partisans s’amenuise au fil du temps », « au prix d’un chantier pharaonique », « des élus montent au créneau », « rouvrir la Pau-Canfranc ne suffira pas à soulager la route de ses camions », « le chrono est lancé », « une année de plus dans la vue » « la mise en service en 2032 semble désormais frappée d’hypothèse ».
De même, l’article sur le coût du projet éclaire très bien sur l’opacité et l’inflation des coûts [2]. Ainsi, le journaliste n’hésite pas à écrire « trois onéreuses études lancées en 2016, 2019, 2022 », « les 33 kilomètres pour aller de Bedous à Canfranc risquent de faire exploser la note… », « à ce stade, la Région n’a pas communiqué d’estimation actualisée », « le projet semble avoir les faveurs de l’Union européenne dans le cadre de son mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Restera à s’assurer de la pérennité de ce soutien européen au moment d’entrer dans le vif du sujet ». On notera simplement la petite erreur du journaliste concernant la régénération du pont polygonal de Gelos qui n’a toujours pas eu lieu et qui coûtera certainement plus de 25M€ !
Le journal Sud-Ouest est diffusé dans une grande partie des départements de la Nouvelle-Aquitaine dont la Dordogne. Certainement que les Périgourdins apprécieront très peu ces articles alors que les lignes autour de Périgueux et celles près de chez eux autour de Brive et Limoges sont menacées de fermeture. Dommage que Sud-Ouest ne soit pas diffusé dans l’ex-Limousin car les habitants auraient été certainement très furieux à la lecture de ces articles. Coïncidence ou pas, est diffusé ce même jour un article de France 3 Nouvelle-Aquitaine qui revient sur la déchéance des lignes ferroviaires en ex-Limousin [3].
[1] : Réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc : le dossier qui se traîne – Etienne Czernecka – Sud-Ouest – 15 février 2026
[2] : Un projet chiffré à plusieurs centaines de millions d’euros – Yann Saint-Sernin – Sud-Ouest – 15 février 2026
[3] : “Le sentiment d’abandon dans le Limousin est très fort aujourd’hui” : le désert du maillage SNCF en Limousin – Nicolas Chigot et Cécile Descubes – France 3 Nouvelle-Aquitaine – 15 février 2026
31 janvier 2026 : l’opération séduction de la Région auprès des élus locaux, « la colère des sans-trains de Nouvelle-Aquitaine et du Massif Central » à Limoges
Voyant que la contestation du projet gagne de plus en plus d’élus locaux, la Région Nouvelle-Aquitaine est partie en « opération débunkage » de son projet afin de convaincre ces élus locaux du bien-fondé de son projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc. Sauf que les arguments avancés manquent de consistance et de réalisme, si bien que « l’opération débunkage » est en train de faire un flop.
Tout a commencé le 19 janvier avec une grande réunion exceptionnelle appelée GIA Transports (Groupe Inter Assemblée) qui réunit les conseillers régionaux membres de la Commission Transport et certains membres du CESER. Cette réunion entièrement consacrée à la ligne ferroviaire Pau – Canfranc s’est déroulée à l’Hôtel de Région de Bordeaux et a été présidée par Renaud Lagrave, vice-président en charge des mobilités, avec à ses côtés Jean-Luc Gary, directeur territorial de SNCF Réseau. Tout la préparation de cette réunion a été effectuée par Emilie Debray, la nouvelle directrice de la Mission grands projets à la Région et remplaçante de Nathalie François qui a préféré jeter l’éponge.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on a appris peu de choses nouvelles à cette réunion. Le projet de ferroutage sur une autoroute ferroviaire est totalement enterré confirmant ce qui avait été annoncé en novembre et décembre 2025 [1] [2]. A la place, la Région parle de report modal pour désengorger la RN 134 et le justifie par la « stratégie européenne de développement du fret ferroviaire » et par « la stratégie nationale visant le doublement de la part modale du rail d’ici 2030 ». Il est fait référence ici au plan Ulysse Fret de SNCF Réseau, alors que ce plan ne fait absolument pas appel à la ligne ferroviaire Pau – Canfranc et que la stratégie nationale de développement du fret ferroviaire entre la France et l’Espagne élaborée par la DGITM est à l’opposée complète de la stratégie de la Région ! Tout le transport de marchandises est désormais axé sur le transport de céréales entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Aragon avec un potentiel de 4 000t de céréales par semaine, ce qui fait 210 000t par an, soit rien du tout. De plus, la Région en revient bien aux hypothèses de convergence qui considèrent uniquement 6 à 10 trains de marchandises chaque semaine. Donc, avec de telles quantités qui représentent 105 poids-lourds de 38t chaque semaine, soit environ 15 poids-lourds par jour, le report modal provenant de la RN 134 est absolument négligeable. 15 poids-lourds sur environ 380 poids-lourds qui traversent le tunnel du Somport chaque jour, c’est-à-dire moins de 4% [3] ! Qui plus est, que sait-on de la production de céréales en Nouvelle-Aquitaine et de l’achat de céréales par l’Espagne dans le futur ? Faire reposer toute une activité de transport de marchandises sur un seul produit est très risqué. Que se passe-t-il si les récoltes sont mauvaises ? Que se passe-t-il si l’Espagne décide de se fournir en céréales ailleurs ? On remarque également que la Région ne parle pas d’autres types de transport comme le transport combiné, le transport de voitures, le transport de produits chimiques venant de Lacq ou le transport de matières dangereuses, preuve que cette volte-face de l’abandon du ferroutage met les services de la Région très mal-à-l’aise pour élaborer une nouvelle stratégie.
Concernant les aspects techniques, ce GIA Transports a apporté quelques précisions et nouveautés :
• l’électrification serait bien mise en œuvre, mais il n’y a toujours aucune précision sur la tension choisie : certainement que les services techniques de SNCF Réseau sont très réticents à installer une ligne en 25kV et préféreraient certainement une tension de 1 500V compatible avec la tension utilisée dans tout le Sud-Ouest, le choix définitif de la tension d’électrification semble être repoussé aux études de projet ;
• la vitesse de la ligne serait de 50 à 70km/h à partir de Bedous, donc même avec des travaux aux standards les plus modernes, la vitesse de la ligne ne serait pas améliorée par rapport à ce qui existait en 1928 et est donc outrageusement faible et ridicule ;
• il n’y aura qu’une halte au-delà de Bedous, et qui serait située à Urdos ou Etsaut, l’hypothèse des deux haltes est définitivement enterrée ;
• la gare de Pau serait réaménagée pour permettre la création de voies de services afin de gérer l’exploitation des trains de marchandises ;
• l’exploitation serait faite en ERTMS niveau 2 et c’est une nouveauté ! en effet, il était prévu initialement une exploitation en ERTMS niveau 1 ; déjà que l’on ne voyait pas l’intérêt de mettre une exploitation en ERTMS niveau 1 sur une voie unique, on ne voit encore moins l’intérêt de mettre de l’ERTMS en niveau 2 d’autant plus que l’ERTMS en niveau 1 vient d’être installée entre Huesca et Canfranc ; tout cela est certainement une technique d’embrouille pour SNCF Réseau afin s’en mettre encore plus dans les poches !
• sur les passages à niveau, sur les protections acoustiques, sur la sécurisation de la ligne : SNCF Réseau fera ce qui est exigé par les normes et rien de plus ; il ne faut donc pas s’attendre à ce que SNCF Réseau suive l’esprit des normes et fasse des efforts supplémentaires pour limiter les nuisances aux riverains ou améliorer la sécurité des circulations sur cette ligne complexe et potentiellement dangereuse.
Surtout et ce qui fut le plus décevant, ce GIA Transports n’a apporté aucune précision sur le coût et sur la viabilité socio-économique de ce projet. Pourtant, les études faites par Systra et Rail Concept en 2025 ont fourni toute ces informations. On se doute que si la Région ne les communique pas, c’est qu’elles ne sont pas agréables à entendre.
C’est ensuite le Président de la Région en personne qui, à l’occasion d’un déplacement à Lacq le vendredi 30 janvier, a tenté de convaincre les maires de Jurançon, Michel Bernos, de Gelos, Pascal Mora, et de Gan, Francis Pées [4]. Peine perdue, ici encore, le Président de la Région a peiné à apporter des réponses claires aux maires sur la finalité du projet, sur les exigences formulées par les autorités espagnoles, sur les mesures de sécurité et sur les protections des populations, sur le financement du projet. Comme l’a dit Michel Bernos dans son post, « nous constatons une divergence de fond sur la nature, les objectifs, et les conséquences du projet de corridor ferroviaire Pau-Canfranc ».
Ces trois maires réitèrent ainsi leur « opposition à ce projet tel qu’il est aujourd’hui envisagé ».
Le post de Michel Bernos est à lire ici : https://www.facebook.com/michel.bernos
Pendant ce temps, c’est une toute autre histoire qui se passe en Limousin pourtant situé dans la même région que les Pyrénées-Atlantiques : pas de GIA Transports exceptionnel, pas de déplacement du Président de la Région, mais des simples citoyens qui se font appeler les « sans-trains de Nouvelle-Aquitaine et du Massif Central » et qui vont manifester ce samedi 31 janvier à la gare de Limoges. Eux, ils ne demandent pas des milliards pour réhabiliter 36km de voies ferrées, ils demandent un tout petit peu d’argent pour éviter la fermeture de leurs lignes ferroviaires et pour rouvrir quelques lignes fermées ces 10 dernières années et utiles à des milliers d’usagers.
La tragédie est éloquente et il suffit de lire cet article du média indépendant Facto pour s’en rendre compte :
https://www.facto-media.fr/index.php/2026/01/29/ter-en-limousin-un-demenagement-du-territoire/?fbclid=IwY2xjawPpidVleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFHWGZqSGkwTkRwZzNweTR2c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHhXqocZdrZMnWARc958_sv0GvzlwaT6RM_ynnozMuQXViEZ2yKZapKQPcitR_aem_MgeVTWiDWI_oQihCwo12yQ
[1] : Réouverture de Pau-Canfranc : ce que l’on sait du projet – Marie Berthoumieu – La République des Pyrénées – 4 décembre 2025
[2] : Ce qu’il faut retenir du grand débat organisé par notre journal – La République des Pyrénées – La République des Pyrénées – 9 décembre 2025
[3] : La Région promet 180 camions en moins sur la route grâce à la réouverture – ICI – 9 décembre 2025
[4] : Les maires de l’agglo de Pau opposés à la Pau-Canfranc ont rencontré Alain Rousset – La République des Pyrénées – 31 janvier 2026
16 janvier 2026 : Avec la fermeture prochaine de l’hôpital d’Oloron-Sainte-Marie, une formidable opportunité se présente pour la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc avec le transport sanitaire
Après le transport de marchandises par ferroutage ou pas d’Artix à Saragosse-Plaza, le transport de voyageurs de Bordeaux à Saragosse, le transport touristique en vallée d’Aspe, voilà une nouvelle et formidable opportunité de valoriser la ligne ferroviaire Pau – Canfranc avec un nouveau type de transport : le transport sanitaire par train !
A n’en pas douter que la Région va vite valoriser cette opportunité avec la perspective de fermeture prochaine de l’hôpital d’Oloron-Sainte-Marie telle que le rapporte son personnel [1]. Déjà, la maternité de l’hôpital avait fermé en 2017 [2] ce qui a laissé la formidable opportunité aux jeunes maman d’aller accoucher à Pau en prenant le TER Pau – Oloron – Bedous, à la condition bien évidemment de ne pas décider d’accoucher lorsque les circulations sont annulées ! De même, les urgences de l’hôpital sont en situation tendue [3] [4], surtout l’été où elles peuvent fermer durant plusieurs semaines, ce qui a laissé la formidable opportunité aux blessés graves d’aller se faire soigner aux urgences de Pau en prenant le TER Pau – Oloron – Bedous, à la condition bien évidemment de ne pas se blesser lorsque les circulations sont annulées !
Qui plus est, avec la réouverture de la ligne Pau – Canfranc, c’est l’espoir de réactiver le vieux projet de Victor Bérard (1864-1931) qui souhaitait réaliser une ligne ferroviaire de Vladivostok en Extrême-Orient russe au Cap en Afrique du Sud tout en passant par Canfranc. Ce sera ainsi la formidable opportunité pour les Oloronais et les Aspois de se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux de Moscou, Berlin, Bruxelles, Paris, Saragosse, Madrid, Rabat, Abidjan, Luanda, Le Cap en prenant le train sanitaire juste en bas de chez eux.
Alors, le 20 janvier 2026 à 17h30, venez manifester devant l’hôpital, venez accompagner les membres de l’association des partisans de la réouverture et préparez vos formidables banderoles : « OUI A LA FERMETURE DE L’HOPITAL D’OLORON ! – OUI A LA REOUVERTURE DE PAU-CANFRANC ! – OUI AU TRANSPORT SANITAIRE JUSQU’A MOSCOU ET AU CAP ! »
Bien évidemment, tout cet article d’un très mauvais goût laisse une saveur amère tant la situation actuelle de l’hôpital d’Oloron-Sainte-Marie donne envie de vomir.
Quand l’on pense que 2M€ ont été provisionnées au budget 2026 de la Région pour de nouvelles études, quand l’on pense que le montant total des études depuis 2017 doit osciller entre 25 et 30M€, quand l’on pense que la réouverture va coûter plusieurs centaines de millions d’euros, on se dit que cet argent pourrait être beaucoup mieux utilisé ailleurs. Mais comme l’a dit à plusieurs reprises Bernard Uthurry, maire d’Oloron-Sainte-Marie : ce ne sont pas les mêmes budgets !!!
[1] : « L’hôpital d’Oloron est en train de mourir » : la CGT lance un cri d’alerte et invite à un rassemblement le 20 janvier – Gildas Boënnec – La République des Pyrénées – 11 janvier 2026
[2] : Fermeture de la maternité d’Oloron : l’arrêté signé par le directeur de l’ARS – La République des Pyrénées – 28 octobre 2017
[3] : En manque de médecins, les urgences d’Oloron tirent la sonnette d’alarme – Gildas Boënnec – La République des Pyrénées – 6 octobre 2020
[4] : Les urgences d’Oloron vont à nouveau fonctionner en « mode dégradé » cette semaine – Gildas Boënnec – La République des Pyrénées – 24 mai 2022
11 janvier 2026 : toujours pas de réponses de la Région et de SNCF Réseau aux 175 contributions postées sur le site internet de la concertation MECDU, les réponses du CROC à ces contributions
Les vacances de Noël se prolongent manifestement à la Région et chez SNCF Réseau. Cela fait 21 jours maintenant que la concertation MECDU est terminée. Pourtant, la Région et SNCF Réseau n’ont toujours pas daigné apporter une quelconque réponse aux 175 contributions postées par des contributeurs sur le site internet de la concertation MECDU. Le site internet lui-même est quelque peu étonnant car ce ne sont pas moins de 27 contributions qui ont disparu. Reviendront-elles un jour ? Dans tous les cas, le CROC les a précieusement conservées dans son fichier, ce sont celles dont le numéro d’identification est en vert italique.
Comme lors de la concertation de l’automne 2024, la promesse de la Région et de SNCF Réseau de répondre aux questions posées sur le site internet n’est absolument pas tenue. Alors, comme la Région et SNCF Réseau ne répondent pas, le CROC va répondre. Voici donc quelques réponses aux questions les plus pertinentes des contributeurs dans le fichier joint. Ces réponses n’engagent bien évidemment que le CROC !
https://drive.google.com/file/d/19yND0dCmamk9Bse3JyK6T4R6Nm5poo4L/view?usp=drive_link
Voici quelques statistiques qui peuvent être faites sur ces contributions.
| Avis positifs | Avis négatifs | Avis neutres |
Sans question | 28 | 29 | 4 |
524 525 528 529 530 531 533 537 538 539 541 542 543 545 547 548 550 555 565 573 575 576 581 589 681 685 687 693 | 532 534 535 536 544 549 552 558 561 564 574 577 588 591 592 595 596 597 603 678 682 683 684 689 690 694 695 696 697 | 540 546 578 594 | |
Avec questions | 0 | 106 | 8 |
– | 551 556 557 559 560 563 566 567 568 569 570 571 572 579 580 582 583 584 585 586 587 590 593 598 599 600 602 604 605 606 607 608 609 610 611 612 613 à 676 677 679 680 686 688 698 | 526 527 553 554 562 601 691 692 | |
Total | 28 | 135 | 12 |
16,0% | 77,1% | 6,9% |
On remarque que le nombre des avis négatifs à ce projet est largement plus élevé que le nombre des avis positifs. Cette fois-ci, SNCF Réseau ne pourra pas dire que son projet a reçu « un accueil globalement favorable, mais nuancé » et qu’il y a eu « une opposition marginale, mais affirmée » comme elle a osé le dire dans son bilan [1] à propos des contributions de la concertation de l’automne 2024.
De même, tous les avis positifs se font sans aucune question et donc sans aucune critique du projet, ce qui signifie que les partisans de la réouverture sont prêts à toutes les compromissions pour arriver à leur fin.