50 années d’études officielles

“Après le “mur murant” de 1786, les fortifications de 1840 ont été démolies

pierre par pierre, et la terre de leurs glacis a servi à combler les fossés de défense dont on l’avait tirée.

Faire et défaire, c’est toujours travailler, proclame la sagesse du peuple.”

Jean Valmy-Baysse (1874-1962) – La curieuse aventure des boulevards extérieurs –

Éditions Albin-Michel – 1950

Résumé de l’article

Cet article liste et décrit les 54 études officielles identifiées et réalisées depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse. Ces études sont classées en 7 phases chronologiques qui correspondent aux 7 grandes périodes successives qui se sont succédées depuis 1970. L’article fournit les informations essentielles lorsqu’elles sont connues, un résumé de leurs conclusions et les estimations des coûts des travaux réactualisés.

Version initiale du 8 octobre 2023, mise à jour au 12 décembre 2023

Introduction

Cet article liste et décrit au mieux les 54 études officielles identifiées et réalisées depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse. Afin de comprendre leur place dans la chronologie politique, ces études sont classées en 7 phases chronologiques.
En ouvrant ce dossier, le CROC pensait se satisfaire de consulter les quelques études publiées ici et là sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse. Quelle ne fut pas sa surprise de savoir que c’était une véritable boîte de Pandore qu’il avait ouvert ! Là où il pensait réaliser ce dossier en quelques jours, il lui aura fallu de nombreux mois pour démêler le nœud gordien de toutes ces études. Entre les études publiées et accessibles, les études jamais publiées, les études commencées mais jamais terminées, et même les études jamais commencées, c’est une véritable enquête digne des plus grands détectives qu’il aura fallu mener. Il a fallu faire preuve de beaucoup d’abnégation pour démêler le vrai du faux de tout ce mic-mac.
Il a ainsi été nécessaire de se transformer en rat de bibliothèque pour consulter délibérations, revues, articles de journaux pour croiser, recouper et vérifier la cohérence des informations. Il aura été nécessaire de lire et analyser 145 délibérations du Conseil Régional, lire et analyser plus d’une centaine de revues, journaux et articles en tout genre pour retenir finalement 54 études. Dans l’article “Délibérations” “Etudes”, sont listées toutes les références des délibérations en séance plénière et en commission permanente qui ont permis de faire cet article https://croc-aspe.com/?page_id=5775. Cette liste des études est loin d’être exhaustive, il y a certainement des manques, des ratés, des omissions et des erreurs. D’autres études, souvent de moindre importance ont été réalisées, et spécifiquement du côté espagnol.
A ces toutes ces études, sont rajoutés des rapports plus généraux traitant du ferroviaire et venant d’institutions régionales, gouvernementales ou européennes. Ces rapports, identifiées en italique dans la liste ci-dessous,  sont analysés dans l’article “50 années de rapports officiels”  https://croc-aspe.com/?page_id=5890.
Pour toutes ces études, un résumé de leurs conclusions et les estimations des coûts des travaux réactualisés sont fournis.

Les 7 phases des études

Ces 54 études peuvent être regroupés en 7 phases chronologiques et qui correspondent à différentes étapes politiques qui ont existaient depuis les années 1970. Ces 7 phases chronologiques avec la dénomination des études correspondantes sont les suivants :

  • Phase 1 : de 1970 à 1980, les études sont principalement exploratoires et superficielles, l’objectif étant simplement d’explorer l’opportunité d’une réouverture, certainement que d’autres études internes ont été réalisées par la SNCF, mais aujourd’hui oubliées ou perdues

o 1-1 Groupe de travail SNCF et RENFE pour trouver des nouveaux trafics par SNCF RENFE 1970 ;
o 1-2 Rapport Malcor sur les infrastructures routières entre la France et l’Espagne 1977 ;
o 1-3 Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau – Canfranc –Saragosse 1978 ;
o 1-4 Commission de travail SNCF et RENFE 1978 ;
o 1-5 Rapport de l’expert Jacques Buy du Conseil de l’Europe 1980 ;

  • Phase 2 : de 1984 à 1988, quelques collectivités locales prennent le sujet en main et commencent à évaluer l’opportunité et les coûts associés d’une réouverture

o 2-1 Commission de l’ingénieur Charles Salva 1984 ;
o 2-2 Etude économique non réalisée 1986 ;
o 2-3 Rapport d’étude de François Martin 1987 ;
o 2-4 Etude de Saragosse à Pau par Sanchez Blasco Asociados S.A. 1988 ;

  • Phase 3 : de 1989 à 1995, les collectivités locales demandent aux gestionnaires d’infrastructure de faire des études plus approfondies, les rentabilités socio-économiques sont également estimées

o 3-1 Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989 ;
o 3-2 Améliorations envisageables par la SNCF 1990 ;
o 3-3 Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990 ;
o 3-4 Etude du groupe de travail franco-espagnol par SNCF RENFE 1992 ;
o 3-5 Cahier des charges des aménagements de la RN 134 1993 ;
o 3-6 Etude de mise à jour par CFTA 1994 ;
o 3-7 Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995 ;
o 3-8 Rapport sur les réseaux européens de transport 1995 ;
o 3-9 Décision n°1692/96/CE du Parlement européen et du Conseil 1996 ;

  • Phase 4 : de 1999 à 2006, les collectivités locales se font plus insistantes et demandent des études plus précises quitte à les challenger en faisant des audits des études précédentes

o 4-1 Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000 ;
o 4-2 Etude de la réouverture Zuera – Turuñana par Daugson-Hispana 1999 ;
o 4-3 Etude du CESR Aquitaine 2000 ;
o 4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000 ;
o 4-5 Livre blanc de la Commission Européenne sur la politique des transports 2001 ;
o 4-6 Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001 ;
o 4-7 Etude informative sur la Traversée Centrale des Pyrénées 2002 ;
o 4-8 Rapport d’audit sur les grands projets d’infrastructures de transport 2003 ;
o 4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004 ;
o 4-10 Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003 ;
o 4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004 ;
o 4-12 Rapport Oudin sur le financement des infrastructures 2003 ;
o 4-13 Expertise de l’étude AEPO par SETEC 2004 ;
o 4-14 Audit Phase 1 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2004-2006 ;
o 4-15 Audit Phase 2 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2005-2006 ;

  • Phase 5 : de 2006 à 2015, les différentes études faites par les collectivités locales se heurtent aux études faites par les gestionnaires d’infrastructures, études, contre-études et audits se succèdent avec de grandes divergences et la réouverture de la section Oloron – Bedous comme premier objectif

o 5-1 Audit des calculs de rentabilité réalisés par le Ministère de l’Equipement 2006 ;
o 5-2 Etude sur l’organisation et le fonctionnement logistique des Pyrénées 2007 ;
o 5-3 Programme de travaux pour l’amélioration de la ligne de Huesca à Canfranc par Fomento 2007 ;
o 5-4 Etudes pour mettre en concession Pau – Canfranc – Saragosse 2007-2011 ;
o 5-5 Rapport de diagnostic du SRIT 2008 ;
o 5-6 Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009 ;
o 5-7 Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009 ;
o 5-8 Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011 ;
o 5-9 Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011 ;
o 5-10 Etudes des points d’arrêt à desservir et niveau d’offre TER sur Oloron – Bedous par Région Aquitaine 2008-2009 ;
o 5-11 Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013 ;
o 5-12 Décision n°661/2010/UE du Parlement européen et du Conseil 2010 ;
o 5-13 Complément d’étude sur Pau – Canfranc – Saragosse par le CESR Aquitaine 2010 ;
o 5-14 Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011 ;
o 5-15 Mise en œuvre des projets prioritaires – TEN-T 2011 ;
o 5-16 Schéma National des Infrastructures de Transport de la DGITM 2011 ;
o 5-17 Etude d’opportunité pour la valorisation patrimoniale de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse 2012 ;
o 5-18 Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013 ;
o 5-19 Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013 ;
o 5-20 Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015 ;
o 5-21 Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015 ;
o 5-22 Dossier d’enquête à la déclaration d’utilité publique de la réouverture Oloron – Bedous 2012 ;
o 5-23 Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur la réouverture Oloron – Bedous 2013 ;
o 5-24 Rapport des commissaires-enquêteurs sur la réouverture Oloron – Bedous 2013 ;
o 5-25 Rapport de la commission Mobilité 21 2013 ;
o 5-26 Règlements n°1315/2013 et n°1316/2013 du Parlement européen et du Conseil 2013 ;

  • Phase 6 : de 2014 à 2019, la réouverture de la section Oloron – Bedous et le projet de Traversée Centrale des Pyrénées sont l’occasion de demander des études pour une réouverture complète

o 6-1 Etudes avant-projet et projet de reprise des circulations jusqu’à Canfranc par RFF 2014-2017 ;
o 6-2 Inventaire écologique de l’ensemble de la ligne nécessaire à l’étude d’impact par RFF 2014-2017 ;
o 6-3 Etude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2014-2015 ;
o 6-4 Etude d’approfondissement des modèles économiques imaginables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2015 ;
o 6-5 Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015 ;
o 6-6 Dossier informatif sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse par Gobierno de Aragón 2016 ;
o 6-7 Mobilités du Quotidien Répondre aux urgences et préparer l’avenir par le Conseil d’Orientation des Infrastructures 2018 ;
o 6-8 L’avenir du transport ferroviaire par Jean-Cyril Spinetta 2018 ;
o 6-9 Etude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire et de leurs conditions d’exploitation par IDOM 2018 ;
o 6-10 Enquête de la Chambre régionale des comptes sur les transports express régionaux 2019 ;
o 6-11 Les transports express régionaux à l’heure de l’ouverture à la concurrence par la Cour des comptes 2019 ;
o 6-12 Mise à jour de l’étude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire du Somport 2019 ;

  • Phase 7 : de 2017 à aujourd’hui, l’Europe s’en mêle avec le financement des études pour la réouverture complète, l’Etat français refuse toujours de participer au financement des études et des travaux

o 7-1 Établir les liaisons manquantes entre la France et l’Espagne par Nouvelle-Aquitaine et Aragón 2017-2025 ;
o 7-2 “Livre Blanc” : Les leviers d’optimisation du trafic de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par Trans-Missions, Eurotran, TTK, TRA Consulting 2018-2019 ;
o 7-3 Elaboration du projet d’implantation de l’écartement standard sur le tronçon de la ligne entre Huesca et Canfranc 2021 ;
o 7-4 Règlement (UE) 2021/1153 du Parlement européen et du Conseil 2021
o 7-5 Traité d’amitié et de coopération franco-espagnol 2023 ;
o 7-6 Investir plus et mieux dans les mobilités pour réussir leur transition par le Conseil d’Orientation des Infrastructures 2023.

Les estimations du trafic de voyageurs :

 Référence de l’étudeNombre estimé de voyageurs par jour
1-1Groupe de travail SNCF et RENFE pour trouver des nouveaux trafics par SNCF RENFE 197070
1-3Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse 1978

120

Hypothèses de la SNCF : 55 à 140

2-3Rapport d’étude de François Martin 198750
3-3Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990

2000 : 330

2013 : 440

2020 : 520

3-7Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995600
4-1Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000

2005 : 240

2015 : 305

4-4Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

2005 : 1 100

2015 : 2 000

4-6Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001135 à 190
4-9Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004Pau à Bedous : 150
4-10Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-30032020 : 1 445
4-11Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-20042020 :1 000
5-6Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009

2007 : 403

2013 : 480

2020 : 630

5-7Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009Pau à Oloron : 800, réalité moins de 400
5-18Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013

2025 : 1 285

international: 260

local France: 710

local Espagne: 315

5-21Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015

2025 : 1 285

international avec GPSO : 260

local France : 710

local Espagne : 315

5-22Dossier d’enquête à la déclaration d’utilité publique de la réouverture Oloron – Bedous 2012

Oloron – Bedous :

scénario modéré : 201

scénario optimiste : 321

6-5Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015

Corridor D-2 :

2040 : 790

6-6Dossier informatif sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse par Gobierno de Aragón 2016Maximum en 1947 : 820

Les estimations du trafic de marchandises :

 

Référence de l’étude

Trafic estimé de marchandises par an

1-1

Groupe de travail SNCF et RENFE pour trouver des nouveaux trafics par SNCF RENFE 1970

Espagne -> France : 26kt

1-3

Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse 1978

France -> Espagne : 327kt

Espagne -> France : 127kt

2-4

Etude de Saragosse à Pau par Sanchez Blasco Asociados S.A. 1988

1Mt

3-1

Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989

2020 : 450 à 500kt

3-3

Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990

2000 : 500kt

2013 : 950kt

3-7

Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995

Traction électrique : 3,2Mt à 8Mt

4-1

Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000

2005 : 1,2 à 1,9Mt

2015 : 1,4 à 3,0Mt

4-2

Etude de la réouverture Zuera – Turuñana par Daugson-Hispana 1999

10,5Mt

4-3

Etude du CESR Aquitaine 2000

2Mt

4-4

Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

Traction thermique : 2,35Mt

Traction électrique : 5,0Mt

4-6

Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001

2015 : 2,4 à 3,0Mt

2020 : 20,0 à 25,0Mt

4-7

Etude informative sur la Traversée Centrale des Pyrénées 2002

3,2Mt

4-9

Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004

3,0 à 4,0Mt

4-10

Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003

1,5Mt

4-11

Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004

1,45 à 3,0Mt

4-14

Audit Phase 1 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2004-2006

2020 : 1,45Mt

5-6

Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009

2013 : 1,12 à 1,43Mt

2020 : 1,39 à 1,85Mt

5-7

Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009

Pau à Oloron : fret pour Messier et Lindt

5-13

Complément d’étude sur Pau – Canfranc – Saragosse par le CESR Aquitaine 2010

Première phase, traction thermique : 1,5Mt

Seconde phase, traction électrique : 3,2Mt

5-18

Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013

Traction thermique : 30kt

Traction électrique : 310kt

Traction électrique et péage : 420kt

5-21

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015

2025 :

Traction thermique : 500 à 1 000kt

Traction électrique : 1 000 à 1 500kt

6-5

Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015

Corridor D-2 :

2040 : 2,0Mt

2060 : 2,9Mt

2090 : 6,6Mt

7-2

“Livre Blanc” : Les leviers d’optimisation du trafic de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par Trans-Missions, Eurotran, TTK, TRA Consulting 2018-2019

1,5 à 2,0Mt

Le coût estimé des travaux de rénovation de la ligne :

 

Référence de l’étude

Coûts estimés à date

Coûts estimés actualisés 2022

1-1

Groupe de travail SNCF et RENFE pour trouver des nouveaux trafics par SNCF RENFE 1970

Pont de l’Estanguet : 900kF

pont de l’Estanguet : 1,1M€

1-3

Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau – Canfranc –  Saragosse 1978

Pont de l’Estanguet : 2,3MF

Tunnel du Peilhou : 6,9MF

Oloron – Canfranc : 13,1MF

pont de l’Estanguet : 1,4M€

tunnel du Peilhou : 4,1M€

coût total Oloron – Canfranc : 7,7M€

2-3

Rapport d’étude de François Martin 1987

Remise en état identique à 1970 : 100MF

Remise en état avec amélioration des performances : 170MF

Remise en état identique à 1970 : 28M€

Remise en état avec amélioration des performances : 47M€

3-1

Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989

Remise en état de 1970 de Pau à Canfranc avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: 420MF

Remise en état de 1970 de Pau à Canfranc avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: 110M€

3-2

Améliorations envisageables par la SNCF 1990

Relèvement de la vitesse à 100km/h et tunnel de base de 23,2km : 3 316MF

Relèvement de la vitesse à 100km/h et tunnel de base de 23,2km : 840M€

3-3

Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990

Remise en état de 1970 avec forte amélioration des performances entre Canfranc et Saragosse: 1 425MF dont 505MF pour la section Pau – Canfranc

Ajout d’un tunnel de base de 23km : 8 000MF

Remise en état de 1970 avec forte amélioration des performances entre Canfranc et Saragosse: 361M€ dont 128M€ pour la section Pau – Canfranc

Ajout d’un tunnel de base de 23km : 2 027M€

3-4

Etude du groupe de travail franco-espagnol par SNCF RENFE 1992

Remise en état de 1970: 978MF

Remise en état de 1970 avec électrification et écartement UIC côté Espagne: 1 395MF

Ajout d’un tunnel de base de 23km : 8 000MF dont 3 500MF côté France et 4 500MF côté Espagne

Remise en état de 1970: 235M€

Remise en état de 1970 avec électrification et écartement UIC côté Espagne: 335M€

Ajout d’un tunnel de base de 23km : 1 920M€ dont 839M€ côté France et 1 080M€ côté Espagne

3-6

Etude de mise à jour par CFTA 1994

Pau – Canfranc :

remise en état de 1970 avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: 500MF

Remise en état de 1970 de Pau à Canfranc avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: 116M€

3-7

Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995

Entretien du patrimoine ferroviaire : 60MF

Traction électrique : 1 110MF

raction thermique : 882MF

Entretien du patrimoine ferroviaire : 14M€

Modernisation en traction électrique : 252M€

Modernisation en traction thermique : 200M€

4-1

Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000

Saragosse – Canfranc avec écartement UIC, électrification, suppression des courbes, accès direct entre Sabiñanigo à Villanúa : 61GPts

Saragosse – Canfranc avec écartement UIC, électrification, suppression des courbes, accès direct entre Sabiñanigo à Villanúa : 514M€

4-2

Etude de la réouverture Zuera – Turuñana par Daugson-Hispana 1999

4 932MPts + 2 588MPts + 5 381MPts = 12,9GPts

42M€ + 22M€ + 46M€ = 110M€

4-4

Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

2 150MF

Côté France : 600MF

Côté Espagne : 1 550MF

459M€

Côté France : 128M€

Côté Espagne : 331M€

4-6

Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001

3 000MF

Côté France : 800MF

Côté Espagne : 2 200MF

631M€

Côté France : 168M€

Côté Espagne : 463M€

4-7

Etude informative sur la Traversée Centrale des Pyrénées 2002

Pau – Saragosse : 5 127M€

Pau – Saragosse : 6 936M€

4-9

Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004

Côté France : 300M€

Côté Espagne : 550M€

Côté France : 389M€

Côté Espagne : 714M€

4-10

Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003

460M€

610M€

4-14

Audit Phase 1 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2004-2006

Côté France : 245M€

Côté France : 307M€

5-6

Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009

Pau à Oloron : 35M€

Oloron à Bedous : 30M€

Pau à Saragosse :

  Traction thermique : 318M€

  Traction électrique : 407M€

Pau à Oloron : 42M€

Oloron à Bedous : 36M€

Pau à Saragosse :

  Traction thermique : 382M€

  Traction électrique : 489M€

5-7

Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009

Pau à Oloron : 35M€

Pau à Oloron : 42M€

5-8

Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011

Oloron à Bedous : 30M€

Oloron à Bedous : 35M€

5-9

Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011

Oloron à Bedous : 90,5 à 122M€

Oloron à Bedous : 107 à 144M€

5-13

Complément d’étude sur Pau – Canfranc – Saragosse par le CESR Aquitaine 2010

Bedous à Canfranc : 275M€

Bedous à Canfranc : 325M€

5-14

Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011

Tunnel ferroviaire : 5,5M€

Tunnel ferroviaire : 6,5M€

5-19

Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013

Pau à Saragosse :

Traction thermique : 430M€

Pau à Saragosse :

Traction thermique : 488M€

5-21

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015

Pau à Canfranc :

Traction thermique : 142M€

Traction électrique : 187M€

Canfranc à Saragosse :

Traction thermique : 104M€

Traction électrique : 195M€

Pau à Canfranc :

Traction thermique : 159M€

Traction électrique : 209M€

Canfranc à Saragosse :

Traction thermique : 116M€

Traction électrique : 218M€

5-22

Dossier d’enquête à la déclaration d’utilité publique de la réouverture Oloron – Bedous 2012

Oloron – Bedous :

Traction thermique : 122M€

Oloron – Bedous :

Traction thermique : 138M€

6-5

Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015

Corridor D-2 : 3 891M€

Côté France : 1 609M€

Côté Espagne : 2 282M€

Corridor D-2 : 4 358M€

Côté France : 1 802M€

Côté Espagne : 2 556M€

6-6

Dossier informatif sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse par Gobierno de Aragón 2016

Côté France : 410M€

Côté Espagne : 280M€

Côté France : 458M€

Côté Espagne : 313M€

Les bilans socio-économiques :

 

Référence de l’étude

BNA et TRI estimés à date

BNA et TRI estimés actualisés 2022

1-5

Rapport de l’expert Jacques Buy du Conseil de l’Europe 1980

Non-rentable

Non-rentable

2-3

Rapport d’étude de François Martin 1987

Non-rentable

Non-rentable

3-1

Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989

Déficit d’exploitation : 10MF par an

Déficit d’exploitation : 2,6M€ par an

3-4

Etude du groupe de travail franco-espagnol par SNCF RENFE 1992

Remise en état de 1970 avec électrification et écartement UIC côté Espagne: très fortement déficitaire

Ajout d’un tunnel de base de 23km : déficitaire

Remise en état de 1970 avec électrification et écartement UIC côté Espagne: très fortement déficitaire

Ajout d’un tunnel de base de 23km : déficitaire

3-6

Etude de mise à jour par CFTA 1994

Remise en état de 1970 de Pau à Canfranc avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: déficitaire

Remise en état de 1970 de Pau à Canfranc avec amélioration des performances entre Pau et Oloron: déficitaire

3-7

Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995

Non-rentable, nécessité de subventionner l’exploitation à hauteur de 50 à 60%

Non-rentable, nécessité de subventionner l’exploitation à hauteur de 50 à 60%

4-4

Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

BAN : négatif

TRI : négatif

Traction électrique : le moins pire

BAN : négatif

TRI : négatif

Traction électrique : le moins pire

4-6

Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001

Non-rentable, nécessité de subventionner l’exploitation

Non-rentable, nécessité de subventionner l’exploitation

4-7

Etude informative sur la Traversée Centrale des Pyrénées 2002

VAN : -441M€

TRI : -3,0%

VAN : -597M€

TRI : -3,0%

4-10

Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003

BNA : +218M€

TRI : +12,5%

BNA : +295M€

TRI : +12,5%

4-11

Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004

BNA : -344M€

TRI : négatif et non-calculable

BNA : -447M€

TRI : négatif et non-calculable

4-15

Audit Phase 2 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2005-2006

Bénéfices avec DSP et péage au tunnel routier du Somport

Bénéfices avec DSP et péage au tunnel routier du Somport

5-1

Audit des calculs de rentabilité réalisés par le Ministère de l’Equipement 2006

BNA : -55M€

TRI : +3,27%

BNA : -69M€

TRI : +3,27%

5-6

Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009

Traction thermique :

VAN : +123M€

TRI : +6,26% 

Traction électrique :

VAN : +115M€

TRI : +5,86%

Traction thermique :

VAN : +147M€

TRI : +6,26% 

Traction électrique :

VAN : +138M€

TRI : +5,86%

5-19

Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013

Traction thermique

BAN : -748M€

TRI : négatif et non-calculable

Traction thermique

BAN : -850M€

TRI : négatif et non-calculable

5-20

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015

Traction thermique

BAN : -532M€

Traction thermique

BAN : -596M€

5-21

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015

Traction thermique, sortie du RFF, exploitation par un OFP qui gère l’infrastructure et l’exploitation

BAN : -64M€

TRI : +3%

Traction thermique, sortie du RFF, exploitation par un OFP qui gère l’infrastructure et l’exploitation

BAN : -72M€

TRI : +3%

5-22

Dossier d’enquête à la déclaration d’utilité publique de la réouverture Oloron – Bedous 2012

Oloron – Bedous :

Traction thermique :

BAN : -206M€

TRI : négatif et non-calculable

Déficit annuel : 16,8M€

Oloron – Bedous :

Traction thermique :

BAN : -234M€

TRI : négatif et non-calculable

Déficit annuel : 19,1M€

6-5

Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015

Corridor D-2 :

VAN méthode Royal-Cuvillier : -6 044M€

VAN méthode européenne : -2 348M€

TRI : +0,6%

Corridor D-2 :

VAN méthode Royal-Cuvillier : -6 770M€

VAN méthode européenne : -2 630M€

TRI : +0,6%

6-6

Dossier informatif sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse par Gobierno de Aragón 2016

TRI : +12,5%

TRI : +12,5%

Le coût des études :

 

Référence de l’étude

Coût des études à date

Coût actualisé 2022 des études

2-2

Etude économique non réalisée 1986

1,550MF, mais 0F au final

445k€, 0€ mais au final

2-3

Rapport d’étude de François Martin 1987

75kF

21k€

3-7

Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995

600kF

139k€

4-1

Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000

77MPts

659k€

4-4

Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

711kF

155k€

4-9

Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004

990k€

1,3M€

4-10

Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003

810k€

1,1M€

4-11

Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004

152k€

206k€

4-14

Audit Phase 1 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2004-2006

30k€

39k€

4-15

Audit Phase 2 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2005-2006

30k€

39k€

5-4

Etudes pour mettre en concession Pau – Canfranc – Saragosse 2007-2011

1M€, mais 0€ au final

1,2M€, mais 0€ au final

5-7

Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009

2M€

2,4M€

5-8

Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011

2,1M€

2,5M€

5-9

Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011

2,6M€

3,1M€

5-11

Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013

Etudes 1 et 2 : 1,0M€

Etudes 1 et 2 : 1,2M€

5-14

Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011

400k€

480k€

5-18

Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013

800k€

960k€

5-19

Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013

200k€

240M€

5-20

5-21

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015

Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015

75k€

84k€

6-2

Inventaire écologique de l’ensemble de la ligne nécessaire à l’étude d’impact par RFF 2014-2017

175k€

196k€

6-3

Etude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2014-2015

150k€

168k€

6-4

Etude d’approfondissement des modèles économiques imaginables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2015

150k€

168k€

6-9

Etude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire et de leurs conditions d’exploitation par IDOM 2018

92k€

100k€

7-1

Établir les liaisons manquantes entre la France et l’Espagne par Nouvelle-Aquitaine et Aragón 2017-2025

35M€

35M€

7-2

“Livre Blanc” : Les leviers d’optimisation du trafic de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par Trans-Missions, Eurotran, TTK, TRA Consulting 2018-2019

177k€

192k€

Les études de la Phase 1

1-1
Groupe de travail SNCF et RENFE pour trouver des nouveaux trafics par SNCF RENFE 1970

Cette première étude est issue d’un groupe de travail entre la SNCF et la RENFE et est une tentative d’inventorier de nouveaux trafics de marchandises susceptibles d’utiliser la ligne ferroviaire.
Le coût de la reconstruction du pont de l’Estanguet est estimé à 900kF. Les conclusions de l’étude sont décevantes puisque l’estimation du trafic de marchandises est de 26kt par an alors que le seuil de rentabilité est fixé à 50kt dans le sens Espagne – France. De même, le nombre de voyageurs entre la France et l’Espagne est de 430 000 personnes en 1969, soit 1 200 voyageurs par jour, dont seulement 6% passent par la ligne ferroviaire à Canfranc, c’est-à-dire 25 800 au mieux par an, soit 70 voyageurs par jour. Rien ne fait penser qu’il y aurait une inversion de tendance en cas de rétablissement ferroviaire de Pau à Saragosse.
Prenant acte des conclusions de cette étude, le Conseil d’Administration de la SNCF propose au Ministère des Transports le 14 septembre 1970 de fermer la ligne et de supprimer les dessertes voyageurs et marchandises d’Oloron à Canfranc.

1-3
Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse 1978 [1]

La toute première étude de fond réalisée sur la réouverture est celle du Laboratoire de Recherches Industrielles et Urbaines de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour sous la direction de Xavier Piolle (1937-2018), chargé de recherches au CNRS. Elle est réalisée à la demande du Département des Pyrénées-Atlantiques auquel s’est associée la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pau.
C’est une étude très complète et qui pose les données du problème de manière très objective et où les auteurs se refusent de répondre à la nécessité ou non de rouvrir la ligne.
La première partie précise les données du problème du point de vue historique et macroscopique tels que :
          • uniquement 5% du trafic de marchandises par les Pyrénées passaient en 1969 par la ligne ferroviaire ;
          • la population en vallée d’Aspe ne cesse de décroître : 12 000 habitants en 1880, 5 000 habitants en 1968 et 3 000 habitants en 1978 ;
          • les chiffrages de 1978 estiment le coût total de la reconstruction à 13,1MF dont 2,3MF pour la reconstruction du pont de l’Estanguet et 6,9MF pour la remise en état du tunnel du Peilhou ;
          • la capacité actuelle de la ligne permet d’écouler 200 à 300kt de marchandises dans chaque sens, soit 0,6Mt par an au maximum.
La deuxième partie détaille les points de vue des différents intervenants qui soulignent la rentabilité d’exploitation liée aux coûts d’exploitation élevés mais que l’augmentation du prix du pétrole dû au choc pétrolier de 1973 rend l’utilisation du transport ferroviaire plus favorable. La ligne ferroviaire a quelques atouts comme les distances légèrement raccourcies par rapport aux passages littoraux et aux difficultés de la route RN 134. La SNCF détaille ses propres hypothèses de trafic de voyageurs et de marchandises:
         • hypothèse basse de 20 000 voyageurs par an, soit 55 voyageurs par jour, 20kt de marchandises à l’exportation et 30kt de marchandises à l’importation, ce qui fait un ratio des dépenses sur les recettes de 5,2 ;
          • hypothèse moyenne de 40 000 voyageurs par an, soit 110 voyageurs par jour, 39kt de marchandises à l’exportation et 75kt de marchandises à l’importation, ce qui fait un ratio des dépenses sur les recettes de 3,2 ;
          • hypothèse haute de 50 000 voyageurs par an, soit 140 voyageurs par jour, 110kt de marchandises à l’exportation et 150kt de marchandises à l’importation, ce qui fait un ratio des dépenses sur les recettes de 2,3.
La troisième partie aborde les différents scénarios :
          • une réouverture “in statu quo ante” sans aménagement pour respecter le traité de 1928 puis un préavis de 1 an avant une éventuelle fermeture de la ligne, le trafic serait toujours modeste en raison du transbordement avec un retour au trafic d’avant 1970 estimé à 27kt de France vers l’Espagne et 5,9kt par an d’Espagne vers la France ;
        • le transport par containers avec l’installation d’un pont-mobile à Canfranc et la possibilité de mettre en conteneurs tout ce qui ne passe pas en palettes, la gestion serait faite par la CNC et la RENFE ;
          • le transbordement par changement d’essieux avec l’utilisation de wagons Transfesa et dispositif de changement d’essieux comme à Port-Bou et Hendaye, mais Transfesa estime qu’un tel investissement n’est pas nécessaire ;
           • le transfert de semi-remorques par wagon “Kangourou” avec chargement des remorques en roulant ou par pont-mobile ;
          • la fermeture de la ligne, mais avec le risque d’avoir des mouvements de mécontentement et de contestation et un contentieux avec l’Espagne.
La quatrième partie estime les trafics envisageables à l’avenir :
          • un sondage de 150 entreprises montre le peu d’intérêt pour la réouverture de la ligne ;
      • les produits importés présentant un intérêt sont les suivants : luzerne et orge, agrumes, meubles et bois, disques d’aluminium, machines et tracteurs agricoles, cuir et chaussures, pneumatiques ;
          • les produits exportés présentant un intérêt sont les suivants : maïs, lait, cheptel vivant, engrais, alumine, feuillards d’acier, machines et tracteurs agricoles, ferrailles, ciments et plâtres, produits pétroliers, soufre ;
          • l’estimation du trafic de marchandises de la France vers l’Espagne serait de 327kt avec du maïs, de l’alumine et autres produits ;
          • l’estimation du trafic de marchandises de l’Espagne vers la France serait de 127kt avec des agrumes et autres produits ;
          • l’estimation du trafic de voyageurs serait de 43 000 voyageurs par an, soit 120 voyageurs par jour.

1-4
Commission de travail SNCF et RENFE 1978

Cette Commission a été formée à Madrid le 5 juillet 1978 par les responsables de la SNCF et de la RENFE en vue d’aboutir à un accord. Elle fut dénoncée par les politiques comme manquant d’objectivité.

1-5
Rapport de l’expert Jacques Buy du Conseil de l’Europe 1980 [2]

Ce rapport est réalisé par Jacques Buy, professeur d’économie à l’Université d’Ottawa, à la demande du Conseil de l’Europe. Il conclut à la non-rentabilité de la ligne ferroviaire, estimant que le déficit augmenterait à hauteur de l’augmentation du trafic. Il souligne que le transport par car est plus efficace que le transport ferroviaire en vallée d’Aspe car le car dessert les villages, là où le train dessert des gares éloignées des villages. C’est pourquoi, il propose d’utiliser la voie ferrée et le tunnel ferroviaire du Somport comme support pour une liaison routière permettant l’agrandissement de la RN 134.

Les études de la Phase 2

2-1
Commission de l’ingénieur Charles Salva 1984

L’Ingénieur Général des Ponts et Chaussées Charles Salva (1927-2001) est missionné par la Région Aquitaine et Charles Fiterman, Ministre des Transports, pour prendre la direction d’une commission chargée de se prononcer sur les modalités et les conséquences d’une réouverture. Cette commission est composée de Charles Salva (1997-2001), son président, d’André Petibon, chargé de mission auprès de Charles Salva, de Jean-Pierre Forgerit, directeur départemental de l’Equipement, de Marc Cauty, directeur régional de la SNCF, de Jacques Robert, expert du Conseil de l’Europe, de René Gouin-Rabal (1926-2018), expert ferroviaire, de Gérard Baloup (1926-2009), directeur au Conseil de l’Europe, de Gilles Savary, chargé de mission au Conseil Régional d’Aquitaine. Elle consulte les précédentes études réalisées et se réunit à quatre reprises les 28 octobre 1983, 23 novembre 1983, 16 janvier 1984 et 20 février 1984.
La commission remet son rapport en juin 1984, elle estime que toutes les études faites jusqu’à présent ne permettaient pas de fournir aux responsables politiques les éléments d’appréciation indispensables. Elle suggère de faire réaliser une étude lourde et large, à la fois technique, commerciale, économique et de faisabilité. A cet effet, elle propose de faire réaliser cette étude :
          • soit par le bureau d’études SETEC dont l’aire de chalandise se limite à Pau, Tarbes et Saragosse ;
         • soit par le bureau d’études EGECEMA dont l’aire de chalandise est plus étendue, allant jusqu’à Valence, Lérida, Toulouse et Bordeaux, mais avec un devis de réalisation bien plus élevé.

2-2
Etude économique non réalisée 1986

A la suite de la “2-1 Commission de l’ingénieur Charles Salva 1984”, la Région Aquitaine et le Département des Pyrénées-Atlantiques souhaitent lancer cette étude économique de grande ampleur avec l’un des deux bureaux d’études sélectionnés. Le coût de cette étude est estimé à 1,550MF, financé à 19% par le Département soit 300kF, 16% par la Région, soit 250kF, et 65% par la CEE, soit 1MF. Cependant, le Département conteste le plan de financement arguant que la commission de l’ingénieur Charles Salva ne comportait pas de représentants du Département. Pour débloquer la situation, la commune de Bedous se propose même de participer au financement à hauteur de 10kF. Par la suite, à l’occasion du changement de gouvernement en 1986, Jacques Douffiagues, nouveau Ministre des Transports, refuse de donner le feu vert de l’Etat. Finalement, Jacques Chaban-Delmas, président de la Région, ne transmet pas le dossier à la CEE estimant que les conclusions de l’étude seront négatives et préférant se concentrer sur l’aménagement de la RN 134.
L’étude n’a donc jamais été réalisée.

2-3
Rapport d’étude de François Martin 1987

L’Ingénieur Général des Ponts et Chaussées, ancien élève de l’Ecole Polytechnique et Ingénieur-Conseil à Mérignac, François Martin (1926-2016), est missionné à hauteur de 75kF par la Région Aquitaine et son président Jacques Chaban-Delmas afin de statuer si une étude approfondie et sérieuse doit être engagée et de déterminer les raisons pour lesquelles le coût de la rénovation augmente 10 fois plus vite que l’inflation.
Sa mission détaillée est la suivante : “Réaliser une expertise du dossier de la réouverture de Pau – Canfranc, portant sur tous ses aspects techniques et économiques, de façon à évaluer la validité des hypothèses de trafic et des solutions de transport qui sont avancées pour y faire face”. En effet, le coût de la remise en état était de 652kF en 1970, la SNCF estime ce coût à 100MF avec remise en état identique à 1970, et à 170MF avec une amélioration des performances. L’expert estime la fréquentation à 18 300 voyageurs par an, soit 50 voyageurs par jour au maximum sur la section Pau – Canfranc en cas de réouverture, soit loin du seul utopique de rentabilité d’au minimum 100 voyageurs par jour.
L’expert et les différentes parties s’accordent à l’abandon et à la fermeture définitive de la ligne. Suite à ces conclusions, l’expert ne conseille pas de réaliser une étude de plus grande ampleur sur la réouverture.
Ces conclusions sont fortement contestées par certains partisans de la réouverture qui estiment que l’expert s’est focalisé sur la partie française de la ligne ferroviaire et n’a pas pris en compte la volonté de réouverture du côté Espagne.

2-4
Etude de Saragosse à Pau par Sanchez Blasco Asociados S.A. 1988 [3]

Cette étude est réalisée par le bureau d’études Sánchez Blasco Asociados S.A. à la demande de la Diputación General de Aragón. Il s’agit avant tout d’une analyse d’un questionnaire envoyé aux principales entreprises locales et nationales d’Espagne sur le potentiel de trafic de marchandises que ces entreprises seraient susceptibles de générer. Cette étude ne concerne donc pas le trafic de voyageurs. Après analyse, le trafic de marchandises proviendrait principalement des entreprises Balay, Grupo Luengo, Saica, Cables de Comunicaciones, General Motors, Ford et est estimé à 1,0Mt par an qui se répartit comme suit :
          • 450kt venant d’autres lignes ferroviaires dont des automobiles en provenance de GM à Figueruelas (7 trains tous les 2 jours) et de Ford à Almussafes, ainsi que des agrumes de Valence ;
          • 144kt venant du report du trafic maritime et routier vers le trafic ferroviaire ;
          • le reste, jusqu’à 1,0Mt, serait généré par le trafic induit entre l’Aragón et le Sud de la France dont 100kt dû au transport de maïs.

Les études de la Phase 3

3-1
Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989

La SNCF décide elle-même de réaliser une étude interne afin d’estimer les coûts des travaux d’une réouverture. En octobre 1989, un état des lieux est rendu à la direction de la SNCF après une analyse détaillée faite les mois précédents. Le coût des travaux est désormais estimé à 420MF comprenant une remise en état à l’identique de 1970 et une amélioration de la voie entre Pau et Oloron, loin donc des 130MF estimés quelques années auparavant. En cause, l’état de dégradation des infrastructures et l’importance des travaux de rénovation : réfection de la voie et de la caténaire, travaux dans les tunnels et viaducs, mise en place de filets protecteurs, confortation des ouvrages en terre, utilisation de rails de 50kg/m, mise en place du Block Automatique à Permissivité Restreinte, automatisation des passages à niveau, création de trois sous-stations électriques. Cette remise en état avec améliorations de la voie permettrait d’obtenir un trafic de marchandises estimé entre 450 et 500kt par an à l’échéance 2020, ce qui générerait un déficit d’exploitation de 10MF par an.

3-2
Améliorations envisageables par la SNCF 1990

En même temps que l’étude précédente “3-1 Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989”, la SNCF envisage des travaux de plus grande ampleur afin de réaliser une ligne plus facilement exploitable sur la section d’Oloron à Canfranc. L’objectif est de remonter la vitesse à 100km/h dans les zones les plus critiques, d’avoir une limitation des rampes à 20‰ avec la création d’un long tunnel de base de 23,2km entre Urdos et Villanúa permettant de circuler à 160km/h et une augmentation du débit de la ligne. Les lourds travaux de percement de ce tunnel et les aménagements envisagés permettraient d’envisager une réouverture pour l’an 2000. Les coûts de ces travaux de grande ampleur sont estimés à 3 316MF du côté France.

3-3
Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990 [4]

En même temps que la SNCF réalise les études côté France, le Ministerio de Transporte, Turismo y Comunicaciones et la RENFE confient une étude de réouverture au bureau d’études INECO afin d’avoir plusieurs scénarios de réouverture, soit dans l’état de 1970 avec une exploitation moderne, soit avec une modernisation des infrastructures. Comme dit dans le cahier des charges de la RENFE, “l’objet de l’étude est l’analyse de la viabilité technico-économique de la réouverture au trafic international de la ligne Saragosse – Canfranc – Pau, incorporant de nouveaux éléments de décision dans un scénario international afin que cette ligne ferroviaire agisse ou non comme une ligne alternative et complémentaire aux deux autres lignes frontalières d’Irun – Hendaye et de Port-Bou – Cerbère. La méthodologie suivie a été : analyse de fond, analyse de la situation actuelle de la ligne, comparaison avec les autres lignes frontalières (Irun et Port-Bou), prévision d’évolution de l’offre de transport ; prévision de la demande future de transport international à travers les Pyrénées ; estimation du trafic de la liaison ferroviaire Saragosse – Canfranc – Pau et analyse de la rentabilité de la réouverture au trafic international.”
En modernisant la ligne avec électrification, mise au gabarit GB1, mise à l’écartement UIC de Saragosse à Canfranc et en réalisant deux tunnels entre Ayerbe et Caldearenas, le coût des travaux est estimé à 1 425MF dont 505MF pour la seule section de Pau à Canfranc. Le trafic fret serait alors de 500kt/an en 2000 et 950kt/an en 2013. Le trafic de voyageurs serait de 120 000 par an, soit 330 par jour en 2000 et 160 000 par an, soit 440 par jour en 2013 et 190 000 par an, soit 520 par jour en 2020.
Un autre scénario envisagé est un scénario similaire à celui étudié par la SNCF avec un tunnel de base de 23km entre Villanúa et Bedous pour un coût total de 8 000MF des deux côtés France et Espagne.

3-4
Etude du groupe de travail franco-espagnol par SNCF RENFE 1992

Lors du sommet franco-espagnol tenu à Paris le 13 novembre 1990, François Mitterrand et Felipe Gonzalez demandent la réalisation d’une étude approfondie franco-espagnole sur la réouverture de la ligne, décision qui apporte beaucoup d’excitation et alimente des espoirs nourris du côté des partisans de la réouverture.
Des experts de la SNCF, de la RENFE et des Ministères des Transports se réunissent à plusieurs reprises, reprennent les études précédentes, les affinent et les actualisent puis établissent des coûts assez détaillés des travaux menant à la réouverture de la ligne ferroviaire. Ces estimations de coûts sont les suivantes :
          • remise en état côté France avec électrification: 458MF ;
          • remise en état côté Espagne : 520MF.
Soit une remise en état aux caractéristiques de 1970 à 978MF, auquel il faut rajouter :
          • électrification côté Espagne : 207MF ;
          • mise à l’écartement UIC côté Espagne : 210MF.
Ce qui fait un total de 1 395MF pour obtenir une continuité ferroviaire de Pau à Saragosse. Dans ces conditions d’exploitation, la ligne serait d’ailleurs très fortement déficitaire. Une solution pour rendre la ligne compétitive serait d’éliminer les contraintes de pente en construisant un tunnel de 30km entre Urdos et Villanúa. Les estimations de coûts sont alors de :
          • tunnel côté France : 3 500MF ;
          • tunnel côté Espagne : 4 500F.
La construction de ce tunnel avec électrification, écartement UIC monterait à une somme pharamineuse de 8 000MF afin d’obtenir une exploitation moderne et compétitive, ce qui n’exclurait pas une exploitation toujours déficitaire. Finalement, la conclusion de l’étude est d’envisager le déclassement définitif de la ligne ferroviaire Oloron – Canfranc sans délai devant cette impossibilité de trouver de quelconque solution viable à une quelconque réouverture. Malgré ces conclusions très défavorables, le ministre de l’Environnement, Michel Barnier, ne déclasse pas la ligne et souhaite préserver les emprises ferroviaires.
Devant des conclusions véritablement désastreuses et bien loin des espoirs suscités par le sommet franco-espagnol, les Ministères des Transports des deux pays préfèrent se faire très discrets sur cette étude, décident alors de ne pas la publier et de la ranger discrètement dans un placard. Ce refus de diffuser l’étude leur sera toujours reproché par les partisans de la réouverture, ces derniers estimant que cette attitude est en contradiction avec la volonté du Président français et du chef de gouvernement Espagnol de rouvrir la ligne.

3-6
Etude de mise à jour par CFTA 1994

Soucieuse de mettre à jour ses études, la SNCF mandate le bureau d’études de la CFTA (Chemins de Fer et Transports Automobiles) afin de reconsidérer ses précédentes études “3-1 Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989” et “3-2 Améliorations envisageables par la SNCF 1990”. LA CFTA analyse les différents scénarios, dont le scénario d’un train touristique, et en conclut à la non-rentabilité de la ligne. La réactualisation des coûts conclut à un coût des travaux de Pau à Canfranc de 500MF.

3-7
Etude multimodale Pau – Canfranc par ERES Transports 1994-1995

Devant les résultats contradictoires des études précédentes, la Région Aquitaine et le Département des Pyrénées-Atlantiques souhaitent “mesurer les enjeux des différents projets et les attentes des populations et des milieux économiques”. C’est pourquoi ces collectivités locales mandatent le bureau d’études ERES Transports afin de juger de la faisabilité d’un aménagement de la ligne ferroviaire et de déterminer les conditions pour obtenir la réouverture de cette ligne ferroviaire. Certainement pour apporter un certain crédit à sa démarche, ERES Transports s’associe au bureau d’études allemand Studiengesellschaft für den kombinierten Verkehr eV, spécialisé dans le domaine du transport combiné, pour réaliser le travail demandé.
Le coût de l’étude est de 600kF, financé pour 200kF par la Région Aquitaine, 200kF par le Département des Pyrénées-Atlantiques et 200kF par l’Europe au travers d’une subvention Interreg II. L’Aragón, peu intéressée, décide de ne pas participer à son financement.
La première démarche des deux bureaux d’études est de réaliser un état très précis de la ligne ferroviaire. Ils en ressortent les conclusions suivantes :
       • la plate-forme et les ouvrages d’art en pierre (à l’exception de trois tunnels) sont dans un état remarquable : seules des reprises mineures concernant les écoulements, le rescellement de parements et d’encorbellements sont nécessaires ;
          • concernant les 42 ouvrages métalliques, il est urgent de procéder à l’entretien préventif des grands ouvrages d’art et de remplacer les petits ouvrages irrécupérables par des ensembles préfabriqués ;
          • en revanche, toute la ligne est déséquipée de ses installations électriques, de signalisation et de sécurité.
La première des préconisations des bureaux d’études est donc d’investir une somme estimée à 60MF pour entretenir le patrimoine ferroviaire en réalisant 18 mois de travaux.
Par la suite, il doit être envisagé de remettre au plus vite un trafic local de voyageurs. Si la ligne devait alors rouvrir sur sa totalité, ils estiment le trafic à 220 000 voyageurs par an, soit une moyenne de 600 voyageurs par jour.
Les bureaux d’études envisagent alors l’opportunité du trafic de marchandises. Ils ne recommandent pas d’exploiter en ferroutage en raison des coûts d’exploitation bien trop élevés mais suggèrent un transport de marchandises classique et combiné comprenant principalement un marché de céréales et de pièces détachées automobiles :
          • exportations espagnoles de céréales : 185kt/an ;
          • exportations françaises de céréales : 2,075Mt/an ;
          • trafic de pièces automobile de Saragosse vers l’Allemagne : 80kt/an.
Leurs estimations font état d’une capacité de 12 trains de 14 conteneurs par jour, soit 3,2Mt/an de fret en traction électrique.
Les travaux de modernisation en traction électrique sous 25kV sont estimés à 1 110MF pour s’adapter à un trafic fret pouvant aller jusqu’à 8Mt/an. En se contentant de traction thermique, les travaux de modernisation sont estimés à 882MF. La gestion de la ligne pourrait alors être confiée à un opérateur de type Eurotunnel, mais à la condition de subventionner les coûts d’exploitation à hauteur de 50 à 60% par an.

Les études de la Phase 4

4-1
Etude du corridor Valence – Saragosse – Canfranc par Iberinsa 1999-2000 [5]

Dans le cadre de la future création de la plateforme logistique Plaza située au sud de Saragosse, le Ministerio de Fomento souhaite réaliser une étude de la mise à l’écartement UIC pour une exploitation mixte sans rupture de charge. Ce travail qui s’étend sur toute la ligne ferroviaire de Valence à Canfranc, est confié au bureau d’études espagnol Iberinsa pour un coût de 77MPts.
Concernant le tracé de Saragosse à Canfranc, Iberinsa propose trois scénarios différents :
          • scénario 1 : rénovation et amélioration de la voie actuelle en traction thermique ;
          • scénario 2 : mise à l’écartement UIC et électrification de la voie en 25kV ;
          • scénario 3 : scénario 2 et rectification de certaines courbes à 2 300m minimum de rayon de courbure, création d’une alternative au tracé de Sabiñanigo à Villanúa à rampe inférieure à 22,5‰ pour être compatible avec une vitesse de 220km/h.
A l’issue de l’étude, les différents scénarios sont analysés par une commission franco-espagnole et le scénario 3 est finalement retenu. Les travaux conséquents consistent donc à réaliser un renouvellement complet de la voie qui est mise à l’écartement UIC et électrifiée en 25kV, à dédoubler la voie entre Saragosse et Tardienta, à supprimer tous les passages à niveau, à mettre en place un contrôle centralisé du trafic et à réaliser un accès direct à Saragosse – Plaza avec la construction d’une gare de marchandises. La ligne ferroviaire serait ainsi dimensionnée pour accueillir 12 trains de voyageurs et 30 trains de marchandises au maximum par jour. Toutes ces améliorations permettraient de parvenir à des durées des trajets de :
          • 01h40 entre Saragosse et Canfranc pour les trains de voyageurs ;
          • 02h08 entre Saragosse et Canfranc pour des trains de fret de 800t.
Le coût de ces travaux est estimé à 61GPts de Saragosse à Canfranc comprenant les coûts alloués à la réouverture du tunnel du Somport côté Espagne.
Concernant le trafic voyageurs une fois les travaux réalisés, Iberinsa l’estime :
          • à l’horizon 2005 : 87 000 voyageurs par an, soit 240 par jour ;
          • à l’horizon 2015 : 111 600 voyageurs par an, soit 305 par jour.
Concernant le trafic de marchandises une fois les travaux réalisés, Iberinsa l’estime à :
          • avec une hypothèse de faible croissance : 1,2Mt en 2005, puis 1,4Mt en 2015 ;
          • avec une hypothèse de forte croissance : 1,9Mt en 2005, puis 3,0Mt en 2015.

4-2
Etude de la réouverture Zuera – Turuñana par Daugson-Hispana 1999 [6]

En 1999, la RENFE constate que les circulations sur la section Huesca – Canfranc se font quasiment à vide et envisage alors la fermeture de la ligne d’ici 2002 ou d’en transférer l’exploitation à la province d’Aragón, charge à elle d’en supporter le déficit d’exploitation. Devant l’impossibilité pour l’Aragón de supporter cette exploitation fortement déficitaire, le risque de fermeture s’avère donc très élevé.
Devant cet état de fait, un consortium du nom de “Plataforma pro ferrocarril directo a los Pirineos” se crée. Il est composé des municipalités de Canfranc, Villanúa, Castiello de Jaca, Sabiñanigo, Biscas, Caldearenas, Anzánigo, Riglos, Ayerbe, Gurrea de Gállego et Zuera. Il confie au cabinet d’études D&H Daugson-Hispana la charge de proposer un scénario d’amélioration de la ligne de son état actuel vers un état susceptible d’accueillir la Traversée Centrale des Pyrénées. Cette amélioration se ferait alors en trois phases.
La première phase consisterait à profiter des investissements en cours sur la création de la Ligne à Grande Vitesse Madrid – Saragosse – Lérida pour améliorer la section Ayerbe – Canfranc avec réouverture de la section Zuera – Turuñana. La plateforme serait adaptée à deux voies tout en gardant provisoirement une seule voie à l’écartement ibérique. Les sections en courbe seraient revues afin d’assurer une vitesse de 160km/h sur la section Zuera – Turuñana et 220km/h sur la section Turuñana – Ayerbe avec la suppression de 75% des passages à niveaux. A l’issue de cette première phase, il sera possible de faire circuler 6 trains de voyageurs à 220km/h et 2 trains de marchandises à 120km/h toutes les heures. La capacité théorique de la ligne serait de 187 trains par jour, et en pratique 150 trains par jour. Cette capacité permettrait ainsi de transporter 10,5Mt de marchandises par an.
La deuxième phase consisterait à rouvrir Pau – Saragosse au trafic international avec passage en écartement UIC et vitesse de 220km/h sur toute la ligne par rectification des courbes et construction d’une ligne directe entre Ayerbe et Caldearenas. La voie unique serait conservée mais électrifiée en 25kV et tous les passages à niveau seraient supprimés.
La troisième phase consisterait à rajouter la double voie sur la plateforme déjà précédemment préparée puis à relier la ligne ferroviaire au tunnel de base de la Traversée Centrale des Pyrénées.
Les coûts des travaux pour chaque phase sont estimés à :
          • première phase : 4 932MPts mais sans l’amélioration Ayerbe – Canfranc ;
      • deuxième phase : 2 588MPts mais sans la rectification des courbes Caldearenas – Sabiñanigo et sans le terminal à Huesca pour l’autoroute ferroviaire et sans la réhabilitation Oloron – Canfranc ;
          • troisième phase : 5 381MPts mais sans le tunnel de base de la Traversée Centrale des Pyrénées.

4-3
Etude du CESR Aquitaine 2000

En juillet 2000, le Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine réalise un rapport dans lequel il souligne la nécessité de développer prioritairement la liaison ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse, ce qui permettrait le passage de quelques 2Mt de marchandises par an.

4-4
Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000

A la suite de l’élection d’Alain Rousset comme Président de la Région Aquitaine en mars 1998, la politique à l’égard de la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse change radicalement. Dès le mois d’octobre 1998, la Région s’engage entièrement dans la volonté de rouvrir la ligne ferroviaire. C’est pourquoi est lancé un appel d’offres pour réaliser une “Etude patrimoniale et de remise en état pour une liaison voyageurs et plus particulièrement pour une exploitation touristique de l’infrastructure en vallée d’Aspe”. Cette étude s’avère donc très importante et est la première d’une longue suite d’études qui se poursuivent jusqu’à nos jours. Elle sera très souvent commentée et utilisée comme base de toutes les études qui suivront.
Pour sélectionner les bureaux d’études compétents, la Région s’adjoint les services du CETE du Sud-Ouest (Centre d’Etudes Techniques de l’Équipement) qui réalise le cahier des charges et le suivi des travaux pour un coût de 100kF. Les bureaux d’études JLR Conseil (Jean-Louis Rafin Conseil) et SYSTRA sont sélectionnés pour un coût de 300kF partagé entre RFF pour 150kF et la Région pour 150kF. Par la suite, le champ d’investigation est élargi afin d’évaluer les coûts des travaux de remise en état pour le fret, si bien que le coût de l’étude est réévalué à 400kF financé par le fonds FEDER pour 200kF, l’Etat pour 100kF, la Région pour 50k€ et le département des Pyrénées-Atlantiques pour 50k€. De nouveau, le coût de l’étude est encore réévalué à 693 450F, puis finalement à 711 390F en raison du besoin d’un rapport complémentaire présentant plus finement les éléments méthodologiques retenus dans l’évaluation du bilan socio-économique du projet.
La première partie de l’étude consiste à réaliser un descriptif des plans technique et patrimonial, et à estimer les travaux nécessaires à la remise en état de la ligne ferroviaire pour une circulation limitée à des autorails légers.
La deuxième partie de l’étude consiste à présenter trois scénarios de réouverture de la section Oloron à Canfranc. Ces scénarios sont les suivants :
          • premier scénario : réouverture d’un service voyageurs limité à Canfranc avec des trains régionaux de Pau à Oloron et des trains touristiques à traction thermique d’Oloron à Canfranc : coût des travaux estimés à 13MF ;
          • deuxième scénario : reprise des trafics voyageurs et marchandises jusqu’à Canfranc en traction thermique ou électrique avec rupture de charge à Canfranc avec une capacité de 1,4Mt/an en traction thermique et 3,5Mt/an en traction électrique ;
          • troisième scénario : création d’un axe international voyageurs et marchandises de Pau à Saragosse en traction électrique et sans rupture de charge à Canfranc.
Le troisième scénario en version électrique est le seul à présenter des résultats intéressants et est privilégié par la Région. Il consiste à une remise en état complète des 58km entre Oloron et Canfranc avec les caractéristiques suivantes :
          • gabarit GB ;
          • charge à l’essieu de 22,5t ;
          • aménagement d’une liaison électrifiée à l’écartement UIC pour faire circuler des trains régionaux et des trains de fret de 800 à 1 200t brutes.
Avec ces caractéristiques, l’évaluation du transport de marchandises par an est de 2,35Mt en traction thermique et 5,0Mt en traction électrique. Le trafic visé est un transport combiné rail-route pour une distance moyenne de la tonne transportée supérieure à 1 000 km entre Saragosse et l’Europe du Nord.
Concernant le trafic de voyageurs, le troisième scénario estime le potentiel à 400 000 voyageurs à la réouverture en 2005, soit 1 100 voyageurs par jour. A terme en 2015, l’estimation serait de 720 000 voyageurs par an, soit 2 000 par jour qui se répartiraient ainsi :
          • 138 000 voyageurs à l’international, soit 350 par jour ;
          • 234 000 voyageurs côté France, soit 640 par jour ;
          • 347 000 voyageurs touristiques en saison, soit 950 par jour.
Le potentiel de la ligne est estimé à 12 trains de voyageurs et 30 trains de fret par jour capables de tirer 800t brutes avec 3 locomotives (2 à l’avant et 1 à l’arrière).
Le coût total estimé de la réouverture est de 2 150MF auquel il est nécessaire de rajouter 500MF pour la maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre et 500MF pour l’achat du matériel roulant. Dans le détail, les coûts sont les suivants :
          • côté France : total de 600MF dont 430MF pour la réfection de la voie, la suppression des passages à niveaux et la réparation des ouvrages d’art (dont 55MF pour réparer les ponts, 53MF pour réparer les tunnels), 100MF pour électrifier et 70MF pour la réalisation des installations techniques ;
          • côté Espagne : total de 1 550MF pour l’électrification et la mise à écartement UIC en parallèle de la voie existante à l’écartement ibérique.
L’équilibre financier entre recettes d’exploitation et charges serait obtenu après 15 années d’exploitation du troisième scénario en traction électrique uniquement. En prenant en compte l’amortissement des infrastructures et du matériel roulant, l’équilibre financier est alors impossible à décrocher. Ainsi le Bénéfice Net Actualisé et le Taux de Rentabilité Interne ne sont intéressants uniquement qu’avec le scénario de traction électrique.

4-6
Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001 [7]

Jean-Claude Gayssot, Ministre des Transports, mandate Dominique Becker, ingénieur des Ponts et Chaussées, afin de réaliser un rapport complet sur les transports au travers des Pyrénées. Celui-ci analyse tous les types de transports, qu’ils soient routiers, maritimes, aériens ou ferroviaires et préconise un ensemble de recommandations pour améliorer une situation considérée comme insatisfaisante.
Concernant les transports ferroviaires, Dominique Becker s’attarde longuement sur la liaison ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse et analyse les études précédemment réalisées, en particulier les études “3-1 Etat des lieux de la ligne par la SNCF 1989”, “3-2 Améliorations envisageables par la SNCF 1990”, “3-3 Etude de viabilité technico-économique de Saragosse – Pau par INECO 1990”, “4-2 Etude de la réouverture Zuera – Turuñana par Daugson-Hispana 1999”, “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000”, ainsi que des études faites par des associations de partisans de la réouverture.
A la suite de ces analyses, le rapport final envisage de rouvrir la ligne ferroviaire selon trois scénarios différents :
          • premier scénario : réouverture au trafic local de voyageurs entre Pau et Canfranc avec changement à Canfranc, le trafic voyageurs est estimé de 50 000 à 70 000 voyageurs par an, soit 135 à 190 voyageurs par jour ;
          • deuxième scénario : réouverture à un trafic local de voyageurs et de marchandises estimé à 1,0Mt/an en améliorant la voie et les infrastructures mais en gardant l’écartement ibérique et la traction thermique ;
          • troisième scénario : réouverture à un trafic de voyageurs et à un trafic de marchandises estimé de 2,4 à 3,0Mt/an en 2015 puis de 20,0 à 25,0Mt/an en 2020 en investissant dans l’écartement UIC et l’électrification sur toute la longueur de la ligne.
Les estimations de coûts des travaux sont les suivants :
          • premier scénario : réouverture de Pau à Canfranc estimée de 800 à 900MF ;
         • deuxième scénario : réouverture de Pau à Canfranc estimée à 1 500MF, ce scénario est considéré comme non pertinent car il n’apporte pas d’amélioration du service voyageurs et un service de marchandises d’uniquement 1,0Mt/an, dont seulement 0,4Mt/an reporté de la route ce qui correspond à 100 à 120 poids-lourds par jour ;
          • troisième scénario : réouverture de Pau à Canfranc et améliorations de Canfranc à Saragosse estimés à 800MF côté France et 2 200MF côté Espagne, soit un coût global de 3 000MF.
Ce troisième scénario est considéré comme étant le plus pertinent, le plus ambitieux et à la faveur des autorités espagnoles. Il demande à être approfondi en corrélation avec le développement du transport combiné et à la réalisation de la plateforme logistique Plaza en projet à Saragosse. Il permettrait d’envisager un trafic voyageurs de 50 000 à 70 000 voyageurs par an, soit 135 à 190 voyageurs par jour. Sa mise en œuvre pour une réouverture prévue en 2011 nécessiterait des aménagements à Pau, sur le corridor atlantique et sur le POLT. Néanmoins, l’investissement serait impossible à rentabiliser ce qui nécessiterait l’intervention de la puissance publique par l’apport de fonds publics pour financer l’investissement.
D’autre part, le rapport propose d’abandonner la solution de l’autoroute ferroviaire qui représente un non-sens économique et énergétique par le besoin de tirer 4t pour seulement 1t transportée.
Afin de mettre en œuvre le troisième scénario, Dominique Becker conclut à la nécessité de mener un programme conjoint franco-espagnol pour des études plus poussées basées sur ce scénario.

4-7
Etude informative sur la Traversée Centrale des Pyrénées 2002 [8]

A partir des années 1990-2000, l’idée de la Traversée Centrale des Pyrénées se fait de plus en plus insistante, en particulier à la suite de la diffusion du “4-5 Livre blanc de la Commission Européenne sur la politique des transports 2001” qui propose le projet 16 de Traversée des Pyrénées à grande capacité à l’horizon 2020 pour un budget de 5 000M€. Le Gouvernement d’Aragón lance alors une étude informative permettant de définir plusieurs couloirs avec des tunnels de base dont l’un serait susceptible de devenir la future Traversée Centrale des Pyrénées. Cette étude est réalisée conjointement par les bureaux d’études madrilènes BB & J Consult, S.A et Ingeniería 75, S.A. Les quatre tracés privilégiés à l’issue de l’étude parmi les dix proposés sont les suivants :
          • Biescas à Argelès-Gazost : Saragosse, Huesca, Sabiñánigo, Biescas, Argelès-Gazost, Lourdes ;
          • Biescas à Pierrefitte-Nestalas : Saragosse, Huesca, Sabiñánigo, Biescas, Pierrefitte-Nestalas, Lourdes ;
          • Ainsa à Arreau : Saragosse, Huesca, Monzón, Barbastro, Arreau, Lannemezan ;
          • Ainsa à Luchon : Saragosse, Huesca, Monzón, Barbastro, Bagnères-de-Luchon, Montréjeau.
Les différents tracés proposés sont comparés entre eux et avec la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse qui serait préalablement rouverte pour 2006 avec une capacité de transport de marchandises de 2,3Mt par an. Les travaux pour réaliser la réouverture sont évalués à 5 127M€. L’étude de rentabilité faite par les bureaux d’étude est basée sur une analyse coût-bénéfice sur la période de 2002 à 2030 suivant les directives du Ministerio de Fomento :
          • l’analyse financière aboutit à une Valeur Actuelle Nette de -441M€ et à un Taux de Rentabilité Interne de -3,0% ;
          • l’analyse économique aboutit à une Valeur Actuelle Nette de -341M€ et à un Taux de Rentabilité Interne de -0,5%.
Ces résultats décevants de la rentabilité sont à comparer avec les résultats de la rentabilité des tracés privilégiés qui sont tous très largement positifs et qui encouragent donc à réaliser la Traversée Centrale des Pyrénées.

4-9
Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004

Forte des résultats encourageants de l’étude “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000” et confirmé par le rapport “4-6 Les transports à travers les Pyrénées par Dominique Becker 2001”, les Ministres des Transports français et espagnols décident, lors d’un séminaire conjoint les 11 et 12 juillet 2001 à Toulouse, de faire réaliser des études techniques poussées d’avant-projet par les gestionnaires d’infrastructures. C’est ainsi que deux lots sont définis dont celui qui concerne la partie française est assuré par RFF.
Parmi le premier lot, trois études se concentrent sur les points suivants :
          • l’approfondissement des conditions pour une exploitation optimale de la ligne : “4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004” ;
          • la mise en sécurité du tunnel ferroviaire du Somport : “4-10 Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003” ;
          • l’analyse complémentaire des enjeux économiques et socio-économiques de la réouverture : “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004”.
L’objectif de la première étude menée par la Direction de l’Ingénierie de la SNCF sous l’égide de RFF est de parvenir rapidement à un accord entre les gouvernements français et espagnol pour définir les conditions de mise en œuvre du projet global, ainsi que de lancer rapidement la première phase de travaux permettant la reprise des trajets en train régionaux de passagers équipés de traction thermique jusqu’à Bedous.
Le coût total de cette étude est de 990k€ financé comme suit :
          • Europe par le fonds européen FEDER : 50 %, soit 495k€ ;
          • État : 16,66 %, soit 165k€ ;
          • Région Aquitaine : 16,66 %, soit 165k€ ;
          • RFF : 16,66 %, soit 165k€.
Les différents aspects techniques abordés dans cette étude sont les suivants :
          • l’expertise technique de la ligne de Pau à Canfranc, comprenant des évaluations sur les ouvrages d’art, les infrastructures, les passages à niveau, l’électrification, l’environnement, les voies et le ballastage, cette activité se termine en juillet 2002 ;
          • l’avant-projet des équipements ferroviaires pour la réhabilitation de la liaison ferroviaire de Pau à Saragosse, en se concentrant sur la section de Pau à Canfranc, ceci inclut des dossiers de synthèse, des dossiers techniques, des éléments sur la voie, la signalisation, les caténaires et l’alimentation haute tension, le traitement des passages à niveau particuliers et des points de manœuvre, les ouvrages d’art, la compatibilité électromagnétique, les télécommunications et l’alimentation basse tension, cette activité se termine en novembre 2003.
RFF considère une exploitation avec mise à l’écartement UIC, électrification en 25kV, une charge à l’essieu de 22,5t et une utilisation mixte de la ligne mais plutôt axée sur le fret. L’estimation du trafic de voyageurs serait de 150 voyageurs par jour entre Pau et Bedous dans un premier temps. L’investissement serait dimensionné de manière à obtenir une capacité de transport des marchandises de 3,0 à 4,0Mt par an. Cependant, la mise en œuvre du Y basque pourrait limiter ce trafic de marchandises à 1,5Mt par an.
L’estimation des coûts de reconstruction pour une réouverture prévue pour la fin de 2005 sont les suivants :
          • un coût côté France d’environ 292 à 300M€, soit 8,45M€ au kilomètre entre Oloron et Canfranc comprenant 10M€ pour la rénovation du tunnel du Peilhou et 2M€ pour le débroussaillage ;
          • un coût global côté Espagne de 542 à 550M€.
Une première tranche d’un montant de 52M€ sur un total du coût de la réouverture côté France estimé à 100M€ est déjà prévu au CPER 2000-2006, avec une participation de l’État à hauteur de 25%, de la Région à hauteur de 25%, et de l’Europe, des collectivités et de RFF à hauteur de 50%.
Cependant, devant des coûts trois fois supérieurs à ceux de l’étude “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000”, RFF produit une note de synthèse recommandant à l’État de réfléchir fortement avant de s’engager dans ce projet de réouverture.

4-10
Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003 [9]

Dans le cadre du premier lot défini par les gouvernements français et espagnol lors du séminaire conjoint des 11 et 12 juillet 2001 à Toulouse, le Ministerio de Fomento est en charge de réaliser l’étude sur la réhabilitation du tunnel du Somport et la restructuration du plan de voies de la gare de Canfranc. Il délègue cette activité au bureau d’études AEPO qui réalise une étude très complète au coût de 809 911€ sur une durée de 20 mois.
L’étude, débutée en 2001, considère une réouverture de la ligne ferroviaire pour 2004 avec mise à l’écartement UIC et électrification complète en 25kV.
Elle prévoit la mise en place de 4 trains aller-retours entre Pau et Saragosse en 2004 puis une montée progressive jusqu’à 6 trains aller-retours en 2020. A cette échéance de 2020, le trafic voyageurs serait de :
          • trafic international: 140 000 voyageurs par an, soit 385 par jour ;
          • trafic local France: 270 000 voyageurs par an, soit 740 par jour ;
          • trafic local Espagne: 117 000 voyageurs par an, soit 320 par jour.
Le trafic de marchandises est estimé à 1,5Mt/an dont 1,0Mt/an reporté du trafic routier des poids-lourds. L’attractivité est considérée comme équivalente aux passages latéraux, le coût d’exploitation est estimé à 12,3€/t.km.
Le coût de remise en état du tunnel ferroviaire est estimé à 32M€ et l’ensemble des travaux pour une réouverture complète côté France et côté Espagne avec mise à l’écartement UIC et électrification est estimé à 460M€. Dans de telles conditions et selon le cadre réglementaire espagnol, le projet est bénéficiaire avec un Bénéfice Net Actualisé de +218M€ et un Taux de Rentabilité Interne de +12,5%.

4-11
Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004

Dans le cadre du premier lot défini par les gouvernements français et espagnol lors du séminaire conjoint des 11 et 12 juillet 2001 à Toulouse, RFF est en charge de réaliser l’étude des enjeux économiques et socio-économiques de la réouverture notamment pour le fret. Il délègue cette activité aux deux bureaux d’études SYSTRA et EPYPSA qui réalisent une étude considérée comme étant de très haut niveau.
L’objectif de cette étude est d’analyser les enjeux économiques et socio-économiques de la réouverture, notamment pour le fret (trafics, report modal, répartition avec les itinéraires des façades Atlantique et Méditerranée).
Le coût total de cette étude est de 152k€ financé comme suit :
          • Europe par le fonds européen FEDER : 50 %, soit 76k€ ;
          • État : 16,66 %, soit 25k€ ;
          • Région Aquitaine : 16,66 %, soit 25k€ ;
          • RFF : 16,66 %, soit 25k€.
L’étude est réalisée en quatre phases avec un rapport complémentaire et une note de synthèse qui sont les suivants :
          • phase 1 : méthodologie, édition 2 de mai 2002 ;
          • phase 2 : exploitation, édition 3 de janvier 2003 ;
          • phase 3 : étude de trafics, édition 6 de mars 2003 ;
          • rapport complémentaire – référence bis, édition 5 d’octobre 2003 ;
          • phase 4 – bilans socio-économiques, édition 5 d’octobre 2003 ;
          • note de synthèse de l’étude, version 2 du 13 février 2004.
Concernant le trafic voyageurs, l’étude estime le potentiel de voyageurs à 365 000 par an en 2020, soit 1 000 voyageurs par jour grâce à 4 aller-retours entre Pau – Saragosse d’abord à la réouverture en 2007 puis 6 en 2020 :
          • trafic international : 82 000 voyageurs par an, soit 225 par jour ;
          • trafic local France : 270 000 voyageurs par an, soit 740 par jour ;
          • trafic local Espagne : 117 000 voyageurs par an, soit 320 par jour.
De son côté, SNCF table plutôt sur 54 475 voyageurs par an entre Pau et Oloron, soit 150 par jour.
Concernant le trafic de marchandises, l’étude estime le potentiel de 1,45 à 3,0Mt par an avec un volume vraisemblable de 1,45Mt/an dont 1,0Mt reporté des poids-lourds de la route. Ce trafic de marchandises est réalisé avec 16 trains par jour de 362t net sur 250 jours par an.
Concernant le trafic de voyageurs, les bilans d’exploitation sont les suivants :
          • avec un exploitation par la SNCF : coûts d’entretien et d’exploitation de 6,3M€, recettes d’exploitation de 3,4M€, soit un déficit de 3M€ par an ;
          • avec une exploitation par une entreprise privée : coûts d’entretien et d’exploitation de 4,0M€, recettes d’exploitation de 3,4M€, soit un déficit de 0,6M€ par an ;
          • coût d’exploitation de 17€/train.km.
Concernant le trafic de marchandises pour 1,45Mt/an, les bilans d’exploitation sont les suivants :
          • coût entretien et exploitation de 4,2M€, recettes d’exploitation de 4,8M€, soit un excédent brut d’exploitation de 0,6M€ par an ;
          • coût d’exploitation de 12,3€/t.km et de 9,5€/train.km ;
          • les recettes sont insuffisantes pour l’investissement consenti, l’investissement doit donc être pris en charge par la collectivité.
En traction électrique qui est le scénario privilégié, le Bénéfice Net Actualisé est de -344M€ et le Taux de Rentabilité Interne est tellement mauvais qu’il est considéré comme non-calculable. Devant ces résultats si désolants, la conclusion de l’étude est de proposer de ne pas s’engager dans la réouverture.

4-13
Expertise de l’étude AEPO par SETEC 2004

Des doutes ayant été émis par RFF concernant l’étude “4-10 Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-3003”, RFF mandate le cabinet d’études SETEC afin de faire une contre-expertise de cette étude sur la base des référentiels et règlements français en vigueur.
SETEC estime que le coût de remise en état du tunnel ferroviaire pourrait être réduit à 25M€ au lieu des 32M€ estimés par AEPO. Cependant, ce coût pourrait augmenter de 9M€ s’il s’avérait nécessaire de prévoir une ventilation du tunnel en cas d’incendie et de 1,7M€ supplémentaires s’il s’avérait nécessaire de prévoir des équipements de contrôle d’accès et de sonorisation en cas d’incident ou d’accident.
Finalement, le coût corrigé de remise en état du tunnel ferroviaire s’élève à 35M€.

4-14
Audit Phase 1 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2004-2006 [10]

Aussitôt connu les résultats de l’étude “4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004” qui estime les coûts de remise en état de la ligne ferroviaire côté France entre 292 et 300M€ et de l’étude “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004” qui conclut à un bilan socio-économique désastreux et incite à ne pas s’engager dans la réouverture, la Région Aquitaine et son Président sont abasourdis. Ces conclusions sont très éloignées des résultats de l’étude “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000” qui estime les coûts de la reconstruction à environ 100M€ et à un bilan socio-économique quasiment à l’équilibre en privilégiant la traction électrique.
Devant cet état de fait qui condamne la ligne ferroviaire définitivement à l’abandon, la Région Aquitaine décide de lancer un audit des études avant-projet afin de détecter des éventuelles pistes d’économies qui permettraient d’optimiser le coût des investissements et de l’exploitation afin d’augmenter la rentabilité de la ligne. Elle charge alors le bureau d’études allemand TTK (TransportTechnologie-Consult Karlsruhe GmbH) de la réalisation de cet audit au motif qu’il est allemand, donc qu’il n’est pas partie prenante du projet et car il possèderait également une réputation de professionnalisme et de sérieux. Le coût de cette première phase d’études est de 30k€.
Dans cette première phase, l’objectif de TTK est de réaliser une analyse critique et une comparaison des études “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000”, “4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004” et “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004”. Cette analyse porte sur les coûts, le phasage des travaux, l’organisation de l’exploitation et est assortie de propositions pour en améliorer la rentabilité.
A l’issue de ses analyses, TTK estime que :
          • l’étude “4-4 Etude Oloron – Canfranc par JLR / SYSTRA 1999-2000” a fortement sous-estimé les coûts d’investissement ;
          • l’étude “4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004” est plus proche des véritables coûts de réouverture.
Concernant l’étude “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004”, TTK valide :
          • le trafic de marchandises de 1,45Mt/an à l’horizon 2020 avec 362t de fret par train ;
          • le bilan d’exploitation bénéficiaire pour un opérateur de fret dont les investissements sont pris en charge par des fonds publics ;
          • le bilan d’exploitation bénéficiaire pour un opérateur voyageurs issu du secteur privé.
De plus, TTK estime possible d’avoir un déficit d’exploitation voyageurs de 0,6M€/an au lieu de 1,5M€/an en baissant les coûts d’exploitation.
TTK estime les coûts des investissements pour la réouverture de la ligne ferroviaire :
          • réhabilitation de Pau à Oloron : 45M€ ;
          • reconstruction d’Oloron à Canfranc : 200M€ ;
          • soit un coût global de l’ordre de 245M€ pour la section Pau – Canfranc adaptée au trafic de marchandises.
TTK souligne en revanche les risques sur le trafic de marchandises en raison de la stagnation du fret en France et de l’augmentation du nombre de voies rapides en Espagne.
Ci-dessous quelques estimations des coûts des travaux :
          • remise en état du tunnel du Somport : 25M€ sans ventilation et 35M€ avec ventilation ;
          • remise en état du tunnel du Peilhou : 5M€ ;
          • signalisation : 5M€ pour Pau – Oloron et 11M€ pour Oloron – Canfranc ;
          • électrification : 25M€ et 1,2M€ pour les voies en gare et 4M€ pour les sous-stations ;
          • télécommunication : 5,8M€ sur Pau – Canfranc.
Afin de faciliter l’exploitation, TTK propose de considérer l’investissement comme un projet international unique avec mise en concession. Il n’y aurait alors qu’un seul maître d’ouvrage, un seul maître d’œuvre, un seul gestionnaire de l’infrastructure et un seul exploitant.
Enfin, TTK estime cet itinéraire comme étant un itinéraire fret d’intérêt stratégique pour les raisons suivantes :
          • une capacité non négligeable de 3,0 à 4,0Mt/an ;
          • une voie de délestage qui peut être utilisée en cas de saturation ou de perturbation des axes atlantique et méditerranéen ;
          • la possibilité de l’utiliser comme autoroute ferroviaire ;
          • la possibilité de faire du report modal en instaurant un péage au tunnel routier du Somport.

4-15
Audit Phase 2 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2005-2006 [11]

Encouragé par les optimisations identifiées par TTK qui permettent de diminuer les coûts de la réouverture à environ 245M€ au lieu de 300M€, la Région Aquitaine lance une deuxième phase d’études toujours confiée à TTK afin de proposer des scénarios de mise en œuvre sur les aspects suivants :
          • élaboration d’un projet international de Pau à Saragosse avec recherche de solutions originales et nouvelles pour la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre, la gestion de l’infrastructure et l’exploitation ;
          • phasage du projet avec un volet périurbain Pau – Bidos, un projet voyageurs grandes lignes et touristique Pau – Huesca et un projet marchandises axé sur un objectif de 1,45Mt/an ;
          • montages juridiques et financiers possibles, notamment par des solutions de Partenariat Public-Privé ou de Délégation de Service Public.
Le coût de cette deuxième phase d’études est également de 30k€.
Parmi les solutions recherchées, TTK cherche à estimer les gains d’exploitation en cas de mise en œuvre d’une concession conjointe de la ligne ferroviaire et du tunnel routier du Somport avec péage :
          • les frais d’entretien du tunnel sont estimés à 6M€/an ;
          • avec une hypothèse de trafic en 2015 de 1 500 voitures et 500 poids-lourds durant 300 jours par an :
                    o avec un péage de 10€ pour les voitures et 30€ pour les poids-lourds, le péage permettrait d’obtenir 3M€ de recettes ;
                    o avec un péage de 20€ pour les voitures et 60€ pour les poids-lourds, le péage permettrait d’obtenir 12M€ de recettes.
Ainsi une Délégation de Service Public intégrant l’exploitation du tunnel routier du Somport permettrait au concessionnaire d’offrir un service de voyageurs sans subvention d’exploitation et de dégager des bénéfices pouvant couvrir un retour sur une partie plus ou moins importante de l’investissement.
TTK propose également de créer un GEIE (Groupement Européen d’Intérêt Economique) regroupant RFF et ADIF pour piloter les études puis pour déléguer par Délégation de Service Public ou par Partenariat Public-Privé à une société unique. Cependant, cette solution n’est pas envisagée dans les textes concernant une ligne ferroviaire fermée au trafic. Il y aurait donc nécessité d’une évolution de la législation permettant de déléguer à un concessionnaire la modernisation, l’entretien voire l’exploitation d’axes ferroviaires secondaires existants. Ceci nécessiterait de plus un traité international spécifique entre la France et l’Espagne qui dérogerait aux lois respectives de ces deux Etats.
Au final, la recommandation de TTK est de mettre en place une Délégation de Service Public de Pau à Huesca avec exploitation du trafic voyageurs et intégration du tunnel routier du Somport qui serait mis à péage avec éventuellement une option d’autoroute ferroviaire.
Un tel scénario permettrait une remise en service de la ligne ferroviaire pour 2011.

Les études de la Phase 5

5-1
Audit des calculs de rentabilité réalisés par le Ministère de l’Equipement 2006

Afin de prendre en compte la modification du cadre réglementaire français suite à l’adoption de la circulaire du 25 mars 2004 modifiée le 27 mai 2005 dite “Instruction-Cadre de Robien”, le Ministère de l’Equipement recalcule les bilans socio-économiques des études “4-10 Etude de réouverture du tunnel du Somport par AEPO 2001-2003” et “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004”.
Les hypothèses prises par le Ministère de l’Equipement sont identiques à celles de l’étude “4-11 Etude d’exploitation et bilan socio-économique par SYSTRA / EPYPSA 2002-2004” excepté :
          • le taux d’actualisation qui est pris à 4% puis à 3% au lieu de 8% ;
          • le calcul du bilan est réalisé de 2004 à 2053 au lieu de 2007 à 2056.
Après calcul par le Ministère de l’Equipement, les éléments suivants sont actualisés :
          • Bénéfice Net Actualisé de -55M€ au lieu d’un Bénéfice Net Actualisé de -344M€ ;
          • Taux de Rentabilité Interne de +3,27% au lieu d’un Taux de Rentabilité Interne négatif et non-calculable.
Ainsi, ce nouveau calcul montre que le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc devient viable sous certaines conditions. Qui plus est, la réalisation de divers tests de sensibilité confirme cette viabilité.

5-3
Programme de travaux pour l’amélioration de la ligne de Huesca à Canfranc par Fomento 2007

Afin de réduire la longueur du trajet de Huesca à Canfranc et de diminuer les durées des trajets, le Ministerio de Fomento étudie la faisabilité et l’impact environnemental d’une variante de la section ferroviaire entre Huesca et Caldearenas. L’objectif est de réaliser une nouvelle ligne ferroviaire de 30km le long de la route nationale N330 ce qui permet d’éviter les longs détours par la vallée du río Gállego. Cette solution implique la réalisation d’un tunnel de 12,9km de long au travers de la Sierra Caballera au niveau de la commune d’Arguis. En plus de la réalisation de cette ligne ferroviaire, le projet s’accompagne de la réadaptation intégrale du tronçon de Zuera à Turuñana. La réalisation de ce projet s’inscrit également dans la réalisation future de la Traversée Centrale des Pyrénées.
Le coût estimé du tunnel est de plus de 250M€.

5-4
Etudes pour mettre en concession Pau – Canfranc – Saragosse 2007-2011

L’étude “4-15 Audit Phase 2 des études SNCF et SYSTRA / EPYPSA par TTK 2005-2006” a conclu qu’une mise en concession globale du tunnel routier et de la section ferroviaire de Pau à Huesca permettrait de financer de 50 à 80% les investissements d’infrastructures. Ceci diminuerait fortement les contributions publiques nécessaires et rendrait le projet immédiatement réalisable. Fort de cette constatation, la Région Aquitaine souhaite faire réaliser des études préparatoires à cette concession et qui soient finançables au programme européen Interreg. La requête est alors de créer une commission inter-gouvernementale réunissant la France et l’Espagne afin d’examiner les conditions d’une concession globale de la ligne ferroviaire de Pau à Huesca sur les aspects suivants :
          • les aspects techniques liés à l’infrastructure ;
          • la stratégie pour l’élaboration d’un projet transfrontalier ;
          • le lobbying auprès des deux Etats, de RFF et de l’Union européenne.
La Région provisionne le coût de cette étude estimée à 1M€ dans le CPER 2007-2013 avec le souhait d’avoir des partenaires qui financeraient ainsi :
          • Europe par le fonds européen Interreg : 50 %, soit 500k€ ;
          • État : 25%, soit 250k€ ;
          • Région Aquitaine : 25%, soit 250k€.
L’Etat offre une fin de non-recevoir à cette demande, sa stratégie ferroviaire pour les Pyrénées consistant à soutenir la création d’axes à grande capacité aux deux extrémités. Cette étude est abandonnée mais réintégrée dans l’ensemble des études objet des “5-11 Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013”.

5-6
Etude de possibilité et viabilité de la réouverture par INECO et Robert Claraco Consulting 2009 [12]

Devant la multitude d’études réalisées les années précédentes et leurs conclusions très différentes, en raison de la volonté de réaliser la Traversée Centrale des Pyrénées et de la disposition des autorités espagnoles soucieuses de développer la ligne ferroviaire, la Commission Permanente du Conseil Economique et Social d’Aragón décide le 21 décembre 2006 de faire réaliser une étude pour analyser les potentialités et la viabilité de la réouverture de la ligne ferroviaire de Saragosse à Pau. Cette mission est confiée au bureau d’études INECO qui s’adjoint les conseils de Robert Claraco et qui fournissent leur rapport le 29 novembre 2009. Cette étude aborde les points suivants :
          • l’histoire détaillée de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse dont l’historique récent des efforts consacrés à sa réouverture ;
          • l’analyse des causes de l’échec de la réouverture avec les interviews de nombreux décideurs et personnalités ;
          • la prévision de trafic longue distance et régional ;
          • les différentes possibilités d’exploitation de la ligne ;
          • les bilans socio-économiques et les taux de rentabilité interne envisageables ;
          • les travaux de réhabilitation Pau – Oloron, Oloron – Canfranc, Canfranc – Saragosse et le tunnel du Somport.
Cette étude se prévaut de considérer la rénovation et la réouverture complète de l’ensemble de l’axe de Pau à Saragosse et se conçoit comme un préalable à la Traversée Centrale des Pyrénées qui ne serait pas opérationnelle avant 2030 ou 2035.
Un historique très complet et précis depuis 1853 de sa construction et de son échec est réalisé. Une analyse d’interviews de diverses personnalités est effectuée afin de déterminer les raisons de l’échec de l’exploitation, interviews peu objectives puisque la plupart des personnes interrogées sont des partisans de la réouverture. Les différentes études déjà terminées ou en cours sont analysées et comparées. Par la suite, différentes alternatives d’architecture des tracés sont envisagées en concluant que l’alternative de base, qui consiste à renouveler l’existant, est celle à retenir.
Dans un premier temps, les travaux envisagés côté France de Pau à Oloron sont les suivants pour un budget de 35M€ :
          • démantèlement de la sous-station de Bidos et suppression de l’électrification ;
          • assainissement de la plate-forme et Renouvellement Voie Ballast de la voie ;
          • installation d’un système de signalisation centralisée ;
          • modernisation pour une vitesse maximale de 110km/h.
Dans le même temps, les travaux envisagés côté France d’Oloron à Bedous sont les suivants pour un budget de 30M€ :
          • assainissement de la plate-forme et des tunnels ;
          • installation de la signalisation des passages à niveaux ;
          • reconstruction de la voie ;
          • modernisation de la voie pour une vitesse maximale de 100km/h.
Par la suite, les travaux de Pau à Saragosse en excluant les travaux déjà prévus précédemment sont les suivants :
          • mise à l’écartement UIC ;
          • amélioration ponctuelle du tracé ;
          • rectification de courbes ;
          • réadaptation de la superstructure et de l’infrastructure ;
          • prise en compte d’une charge à l’essieu de 22,5t ;
          • installation de traverses polyvalentes ;
          • adaptation des gares.
A l’issue de ces travaux, la durée du trajet pour les trains de voyageurs serait de 3h32 à 4h30 et pour les trains de marchandises serait de 4h08 à 4h33. Les coûts estimés de ces travaux de Pau à Saragosse sont de 318M€ sans électrification et de 407M€ avec électrification en 25kV pour une réouverture possible en 2013.
L’estimation du trafic de marchandises est réalisée en prenant comme base les 78kt de fret de 1969, Une enquête auprès d’entreprises faites sur les besoins potentiels des entreprises Saica, Samca, Nurel, Gefco, Sud Epis, Euralis, Yara, GM, Citroën,… montre qu’il existe un potentiel de trafic de marchandises de 2,6Mt/an. Cependant, en ne tenant pas compte des critères de coût, la demande potentielle est de 1,12 à 1,43Mt/an en 2013, puis de 1,39 à 1,85Mt/an en 2020.
Concernant le trafic de voyageurs, l’estimation de la demande potentielle est de :
          • 147 000 voyageurs par an, soit 403 par jour en 2007 ;
          • 175 000 voyageurs par an, soit 480 par jour en 2013 ;
          • 230 000 voyageurs par an, soit 630 par jour en 2020.
Les estimations de Valeurs Actuelles Nettes seraient alors :
          • du point de vue de l’opérateur : -10,89M€ sans électrification et +4,47M€ avec électrification ;
          • global avec infrastructures et coûts externes : +123,05M€ sans électrification et +114,60M€ avec électrification.
Les estimations de Taux de Rentabilité Interne seraient alors :
          • du point de vue de l’opérateur : +3,68% sans électrification et +4,87% avec électrification ;
          • global avec infrastructures et coûts externes : +6,26% sans électrification et +5,86% avec électrification.
L’exploitation technique et économique de la section de Bedous à Jaca, et plus particulièrement de Bedous à Canfranc, serait très difficile et occasionnerait un accroissement des coûts de traction. Cependant, ces coûts sont inférieurs à ceux occasionnés par le changement d’essieux ou le transbordement actuellement nécessaires à Hendaye et Port-Bou.
Cette étude ressort comme étant très optimiste et minimisant de très nombreux coûts, ceci certainement afin de pouvoir justifier un affichage optimiste de la réouverture de la ligne ferroviaire auprès des décideurs politiques. Cette étude est très souvent et, toujours actuellement, mise en exergue par les partisans de la réouverture de la ligne ferroviaire.

5-7
Etudes d’avant-projet section Pau – Oloron par RFF 2008-2009

Cet ensemble d’études internes sont le préalable à la régénération de la section de Pau à Oloron. Elles détaillent les coût et planning des travaux et des procédures à effectuer. Le coût de l’étude est fixé à 2M€ sur lequel l’Etat s’est engagé à financer 750k€. En pratique, l’Etat décide finalement de ne pas participer, si bien que la part de l’Etat est avancée par la Région Nouvelle-Aquitaine. Au final, cette dernière finance 1,5M€ et RFF les 500k€ restants.
Les travaux de régénération prévus sur cette section circulée de Pau à Oloron sont les suivants :
          • démantèlement de la sous-station de Bidos et suppression de l’électrification, solution provisoire en attendant l’électrification en 25kV ;
          • assainissement de la plate-forme et Renouvellement Voie Ballast de la voie.
Les coûts des travaux de régénération de la ligne de Pau à Oloron sont de 35M€ financés ainsi :
          • Etat : 13,12M€ ;
          • Région Aquitaine : 13,12M€ ;
          • RFF : 8,75M€.
Ces travaux sont prévus en 2010 avec une interruption des circulations de 3 à 4 mois. A l’issue, il est prévu que le service soit d’environ 20 aller-retours par jour avec un cadencement aux 2 heures en heures creuses et 1 heure en heures de pointe et un raccourcissement du délai des trajets, ce qui permettra de viser un objectif de fréquentation de 800 voyageurs par jour. De plus, la ligne ferroviaire pourra également être utilisée par Messier et Lindt pour des activités de fret. Dès le 1er septembre 2008, les automotrices électriques Z2 sont remplacées par des automotrices thermiques au diesel X2200 qui circulent sous caténaires.
Les travaux débutent le 1er juillet 2010 pour se terminer le 23 janvier 2011, soit durant 7 mois d’interruption des circulations. Ces travaux consistent à enlever définitivement la caténaire et à renouveler entièrement le ballast, les traverses et les rails. A l’issue des travaux, la durée du trajet de Pau à Oloron n’est pas diminuée et est toujours de 37min, les circulations sont toujours de 8 aller-retours par jour, le cadencement n’est pas mis en place, la ligne ne sera jamais électrifiée, aucun train de fret ne circule et la fréquentation est toujours d’à peine 400 voyageurs par jour. Seule consolation, les vieilles automotrices X2200 sont remplacées par 6 automotrices X73500 d’occasion rachetées à la Région Alsace pour 4,5M€.

5-8
Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011

A la demande la Région Aquitaine, RFF fait réaliser par SYSTRA les études d’avant-projet permettant de préciser le coût et le planning détaillé des travaux et des procédures à effectuer pour rouvrir la section Oloron – Bedous aux circulations ferroviaires. Ces études consistent à actualiser les données de “4-9 Etude d’approfondissement des conditions d’exploitation optimale de la ligne par la SNCF Direction de l’Ingénierie 2002-2004” sur le tronçon Oloron – Bedous et de définir un programme d’études complémentaires permettant la réalisation de l’avant-projet complet.
La Région Aquitaine souhaite, en effet, effectuer les travaux de cette section directement à la suite de ceux qui sont planifiés sur la section Pau – Oloron pour fin 2010. Ces études sont faites après le débroussaillage qui se termine en avril 2008 et dont le coût de 100k€ est payé entièrement par la Région Aquitaine.
Le coût de l’ensemble des études d’avant-projet et de projet est de 2,1M€, soit 7% du coût estimé de la réouverture de la section Oloron – Bedous fixé à 30M€.
Le planning initial élaboré en 2008 est de 12 mois, dont 4 mois pour les études préliminaires, 6 mois pour les études d’avant-projet et 2 mois pour l’approbation du dossier d’avant-projet, ce qui permettra d’avoir une réouverture pour le trafic voyageurs et marchandises prévue en 2010. Cependant, avec l’explosion des coûts et des délais des travaux, de la nécessité de supprimer les passages à niveau, des études supplémentaires sont requises et font l’objet de “5-9 Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011”.

5-9
Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011

Les “5-8 Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011” montrent très vite que le projet de réouverture d’Oloron à Bedous dérape et que les investissements seront beaucoup plus conséquents. RFF demande à la Région Aquitaine de faire des compléments d’études aux études d’avant-projet sur les points suivants :
          • les ouvrages en terre et les ouvrages d’art ;
          • la définition des solutions d’assainissement en gare de Bedous ;
          • une expertise des trois grands tabliers métalliques ;
          • le remplacement de douze tabliers métalliques de portée moyenne pour accepter des trains de fret ;
          • les dispositifs préventifs de chutes de blocs de pierres ;
          • un complément d’investigations sur la plate-forme en vue de fiabiliser les coûts ;
          • une étude socio-économique sur le projet de réouverture limité à Oloron – Bedous pour la desserte TER envisagée de 4 aller-retours par jour ;
          • l’élaboration des dossiers nécessaires aux procédures administratives (loi sur l’eau et dossiers de sécurité).
Quant aux études de projet, elles doivent traiter les points suivants :
          • prendre en compte les dispositions arrêtées lors de l’approbation de l’avant-projet ;
          • réaliser les documents issus des études de projet ;
          • définir les grandes étapes des travaux ;
          • planifier les délais de réalisation ;
          • estimer le coût des travaux et les gains sur l’entretien ultérieur ;
          • définir le calendrier d’exécution (travaux connexes préparatoires, travaux principaux, confortatifs et travaux de finition).
Un malheur n’arrivant jamais seul, l’accident ferroviaire d’Allinges en 2008 est à l’origine d’une circulaire de Dominique Bussereau, Ministre des Transports, dite “circulaire Bussereau” du 28 juin 2008 dont l’objet est d’interdire tout passage à niveau sur une nouvelle ligne ferroviaire. L’interruption des circulations sur Oloron – Bedous ayant eu lieu depuis plus de 10 années, cette ligne est considérée comme une nouvelle ligne. La “circulaire Bussereau” s’applique et tous les passages à niveau doivent être théoriquement supprimés. Cependant, le cas de la réouverture Oloron – Bedous étant l’un des premiers cas d’application de cette circulaire, RFF et la Région Aquitaine souhaitent des dérogations à son application stricte, ce qui sera accepté par Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie. Pour cela, une demande de RFF est de réaliser des études des mesures techniques et d’exploitation visant à limiter les risques de collisions sur les 27 passages à niveau existants.
Ces demandes d’études ont un coût de 2,6M€ qui fait augmenter le budget initial de 2,1M€ pour les études d’avant-projet et de projet à 4,7M€. La Région sollicite un co-financement de 65% auprès du FEDER au titre du programme POCTEFA 2007-2013. Le Comité de Programmation du FEDER réuni à Pampelune le 7 février 2012 accepte de financer 2,38M€ sous forme de remboursement de la participation de la Région Aquitaine et de la Communauté Autonome d’Aragón pour les études et le projet Canfraneus selon la subvention EFA173/11. Au final, la participation exacte de chaque partenaire est inconnue. Ces 4,7M€ d’études d’avant-projet et de projet se décomposent ainsi :
La phase avant-projet de 1,2M€ comme suit :
          • conduite de projet : 6k€ ;
          • pilotage général et technique : 214k€ ;
          • études et autres prestations intellectuelles 980k€ ;
                    o recueil de données : 250k€ ;
                    o études de maîtrise d’œuvre technique (plate forme, ouvrages, voie, signalisation,…) : 430k€ ;
                    o proposition de mesures d’exploitation et de mesures techniques pour limiter le risque de collision aux PN : 120k€ ;
                    o étude de trafic et étude socio-économique : 60k€ ;
                    o études environnementales : 90k€ ;
                    o études de sécurité : 15k€ ;
                    o frais divers : 15k€.
La phase projet de 3,5M€ comme suit :
          • conduite de projet : 20k€ ;
          • pilotage général et technique : 790k€ ;
          • études et autres prestations intellectuelles : 2,690M€ ;
                    o recueil de données : 290k€ ;
                    o études de maîtrise d’œuvre technique (plate forme, ouvrages, voie, signalisation,…) : 2,010M€ ;
                    o procédures (enquêtes publiques, foncier, sécurité..) : 360k€ ;
                    o concertation et communication : 30k€.
A la suite de ces études, le coût de réalisation des travaux entièrement financés par la Région Aquitaine, initialement de 30M€, bondit à 122M€. Cependant, l’éventualité de ne supprimer que 3 passages à niveau sur les 6 précédemment prévus, permettrait de réduire les coûts à 103M€. D’autre part, d’éventuelles optimisations des travaux permettraient de réduire la facture à 90,5M€. La facture finale des coûts des travaux de réouverture de la section ferroviaire Oloron – Bedous ne sera jamais connue, mais certainement plus proche de 120M€ que de 100M€.

5-10
Etudes des points d’arrêt à desservir et niveau d’offre TER sur Oloron – Bedous par Région Aquitaine 2008-2009

En parallèle des “5-8 Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011”, la Région souhaite mener une étude interne afin de déterminer les points d’arrêt les plus pertinents à desservir et le niveau d’offre TER à mettre en place sur la section Oloron – Bedous. Cette étude interne est réalisée en concertation avec les acteurs locaux. Ses résultats ne sont pas connus et diffusés.

5-11
Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013

Le groupe de travail quadripartite constitué de l’Etat français, du Ministère du Fomento, de la Région Aquitaine et du Gouvernement d’Aragón souhaite réaliser, lors de sa réunion du 29 mai 2008 à Bordeaux, des études complémentaires sur la réouverture complète de Pau à Canfranc par la reprise des études d’avant-projet précédemment exécutées. L’ensemble des études à effectuer sous la maîtrise d’ouvrage de RFF est divisé en trois lots dont chacun est attribué à des bureaux d’études différents. Ces trois lots sont les suivants :
          • la définition des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale pour un coût de 400k€ : “5-18 Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013” ;
          • une nouvelle étude socio-économique prenant en compte les nouvelles méthodes en cours d’élaboration du Grenelle de l’Environnement pour un coût de 100k€ : “5-19 Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013” ;
          • une analyse détaillée des travaux pour la sécurité réciproque des tunnels routier et ferroviaire du Somport pour un coût de 350k€ : “5-14 Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011”.
Le coût total de réalisation de ces trois études est donc initialement de 850k€, sachant que les deux premières études sont financées dans le cadre du CPER 2007-2013. La répartition du financement est le suivant :
          • Etat français : 500kF ;
          • Ministère du Fomento : 175k€ ;
          • Région Aquitaine : 337,5k€.
En 2011, le coût de la troisième étude est réévalué à 400k€ et le coût des deux premières études double et est réévalué à 1M€ dont le financement est le suivant :
          • Etat français : 250kF ;
          • Région Aquitaine : 250k€ ;
          • Europe : 500k€.
La Région sollicite un co-financement de 65% auprès du FEDER au titre du programme POCTEFA 2007-2013. Le Comité de Programmation du FEDER réuni à Pampelune le 7 février 2012 accepte de financer 2,38M€ sous forme de remboursement de la participation de la Région Aquitaine et de la Communauté Autonome d’Aragón pour les “5-9 Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011” et le projet Canfraneus selon la subvention EFA173/11. Un mémorandum-cadre entre les régions Aquitaine, Aragón, Etats français et espagnol est signé le 30 avril 2010 à Pau, puis la convention de financement entre l’Etat, la Région Aquitaine et RFF est signée le 23 novembre 2010 à Bordeaux.

5-13
Complément d’étude sur Pau – Canfranc – Saragosse par le CESR Aquitaine 2010 [13]

A la demande de la Région Aquitaine, le Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine se saisit du dossier afin “d’apporter sa contribution aux débats passionnés que cette perspective de réouverture n’a cessé de susciter”. Le Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine réalise ainsi un rapport sur le projet de réouverture Pau – Canfranc – Saragosse en fonction de la prise de conscience du changement climatique, de la position de l’Espagne, de la complémentarité nécessaire avec le Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest ou de la Traversée Centrale des Pyrénées et des limites des études socio-économiques. Les analyses sont axées sur les points suivants :
          • l’analyse des rapports précédents ;
          • la prévision de trafic ;
          • les bilans socio-économiques ;
          • le développement durable ;
          • l’approche systémique.
Le rapport détaille l’historique de la ligne ferroviaire et des différentes études réalisées par le passé. Ainsi, la remise en état de la section de Bedous à Canfranc est prévue d’être réalisée en deux étapes successives :
          • une première tranche de travaux permettant d’assurer un trafic de marchandises de 1,5Mt par an en traction thermique, le coût de ces travaux est estimé à 65M€ ;
          • une seconde tranche de travaux permettant d’assurer un trafic de marchandises de 3,2Mt par an en traction électrique, le coût de ces travaux est estimé à 210M€.
Le Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine insiste sur la sensibilisation au développement durable. La réponse à cette problématique repose sur la ligne ferroviaire située à côté de l’axe routier volontairement limité en capacité. A l’issue de son analyse, les préconisations suivantes sont formulées :
          • faire réaliser une étude socio-économique qui prenne en compte les externalités issues du “Grenelle de l’Environnement” ;
          • ne pas supporter la réouverture “en solitaire”, qui est un facteur de risques eu égard aux ressources financière et aux compétences de la Région Aquitaine ;
          • mobiliser des financements nationaux ou européens.
Enfin, le Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine considère les opportunités suivantes :
          • pour le trafic voyageurs :
                    o pouvoir relier Saragosse à Bordeaux, Toulouse, Barcelone, Valence, Madrid et Bilbao ;
                    o rendre accessible le pèlerinage de Lourdes aux espagnols ;
          • pour le trafic marchandises :
                    o créer des flux avec les plateformes logistiques situées en Aragón.

5-14
Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011 [14] [15] [16]

Cette étude constitue le troisième lot de “5-11 Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013” et souhaité par le groupe quadripartite. L’objectif de cette étude est de déterminer les travaux à réaliser pour assurer une exploitation conjointe des tunnels routier et ferroviaire, sachant que le tunnel ferroviaire est utilisé comme tunnel de secours du tunnel routier du Somport. Cette étude est confiée par RFF au bureau d’études espagnol INECO pour un coût de 350k€, réajusté à 400k€.
Plusieurs rapports [14], [15] et [16] sont issus de cette étude qui couvre les aspects suivants :
          • l’analyse des études précédentes sur la sécurité du tunnel ;
          • l’expertise de la situation actuelle du tunnel ;
          • l’analyse de la réglementation technique et administrative sur la sécurité dans les longs tunnels ;
          • l’étude des expériences d’exploitation et de sécurité dans des tunnels similaires ;
          • l’analyse de la fonctionnalité et de l’exploitation conjointe du tunnel routier et du tunnel ferroviaire ;
          • l’élaboration du manuel d’exploitation et du plan de sécurité du tunnel ferroviaire ;
          • la conception et le dimensionnement des installations et infrastructures de sécurité.
Le rapport [14] a pour objectif de vérifier l’état du tunnel du Somport, en particulier :
          • l’état du massif dans lequel se trouve le tunnel ;
          • la conservation structurelle du tunnel ;
          • l’état du revêtement, du drainage et de l’étanchéité de la voute ;
          • l’état des galeries ;
          • l’état des bouches d’entrée.
L’étude prend également en compte la sismicité des Pyrénées.
Le tunnel est constitué d’une voute en berceau de 2,5m de rayon, soutenue par de pignons de 3m de hauteur, la galerie fait 4,25m de large et est d’une section de 33,50m², la hauteur maximale est de 5,5m au-dessus du rail, l’épaisseur est de 50cm au sol. La vitesse de circulation est faible et est de moins de 60km/h selon les charges tractées. Il existe 17 galeries entre les deux tunnels ainsi que :
          • une galerie hors-service entre les galeries 5 et 6 avec accès interdit ;
          • la galerie 12 qui contient les installations du Laboratoire de Physique Nucléaire sur 118m² ;
          • 2 entrepôts de 10m² situés au PK 0+780 ;
          • 2 galeries côté France utilisées pour entreposer des explosifs durant la Seconde Guerre Mondiale.
Les conclusions du rapport montrent que le tunnel ferroviaire est dans un état satisfaisant :
          • sur le plan structurel, le tunnel est en excellent état, ne nécessitant que des réparations mineures de la surface en raison d’écaillages ;
          • des renforcements structurels ne sont nécessaires qu’au niveau des zones de jonction avec les galeries construites pour le tunnel routier ;
          • la principale pathologie est due à la présence d’humidité et de filtrations d’eau, une révision du système d’étanchéité serait nécessaire ;
          • le budget pour la réhabilitation structurelle du tunnel et la lutte contre l’humidité est évalué à 5,5M€.
Le rapport [15] a pour objectif d’apporter une réflexion sur l’exploitation conjointe des tunnels ferroviaire et routier. Il analyse le cas similaire des tunnels de l’Arlberg, mais dont le tunnel ferroviaire est en double voie et avec une section unique de 41m².
Concernant le Laboratoire Souterrain de Physique Nucléaire, celui-ci est situé dans la galerie n°12. Il contient une salle blanche et peut accueillir 7 véhicules dans cette galerie. En cas de réouverture du tunnel ferroviaire, le protocole de son accès devra être modifié et le plancher devra être renforcé avec encastrement des rails dans un élastomère de type Corkelast pour éviter les vibrations néfastes aux expériences. L’autre possibilité est d’envisager purement et simplement sa relocalisation.
Les conclusions sur le tunnel ferroviaire :
          • il doit comporter des mesures de sécurités opérationnelles plus élevées que dans les autres tunnels ;
          • chaque tunnel peut servir de voie de secours au tunnel adjacent ;
          • il est envisageable d’avoir un seul centre de contrôle pour les deux tunnels ;
          • il s’avèrera nécessaire d’avoir des systèmes et des équipements communs entre la France et l’Espagne, ainsi qu’une coordination unique.
Le rapport [16] décrit les procédures à mettre en œuvre en exploitation afin :
          • d’éviter l’apparition de situations risquées ;
          • de favoriser le fonctionnement des installations de prévention et de protection ;
          • de minimiser les conséquences d’un incident ou d’un accident.
Afin d’assurer cette sécurité, il s’avère nécessaire de prévoir sur la section du tunnel :
          • un chemin piétonnier de 1m de largeur ;
          • deux ventilateurs pour ventiler à 1,5m/s durant 15min avant et 15min après le passage d’un train ;
          • la caténaire ;
          • la voie déportée ;
          • une signalisation spécifique ;
          • un abaissement de la plate-forme de 35cm.

5-17
Etude d’opportunité pour la valorisation patrimoniale de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse 2012 [17]

L’objet de cette étude est de recenser les éléments du paysage et de patrimoine notables de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse tels que les monuments historiques, les sites inscrits, les sites classés… Cette étude contient deux parties distinctes :
          • une partie générale sur les lignes ferroviaires et la valorisation patrimoniale ;
          • une partie spécifique appliquée à l’analyse paysagère et patrimoniale de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse.
La partie générale traite de la spécificité du patrimoine ferroviaire par rapport aux autres patrimoines.
La partie spécifique s’attarde sur :
          • le contexte historique du XIXème siècle de la réalisation de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse ;
          • l’histoire de la ligne et l’intervention de Louis Barthou ;
          • son exploitation chaotique et son histoire de 1928 à 1970 ;
          • la description géographique et géologique de l’ensemble de la ligne et des Pyrénées.
Cette description géographique et géologique est la plus conséquence et s’attache à analyser les ouvrages d’art, les gares dont la gare internationale de Canfranc, les villages et les villages d’ouvriers, les paysages remarquables, les sites classés, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, les villes d’art, la gestion politique des vallées…
L’étude est illustrée par de nombreuses photos des ouvrages d’art, des gares et en particulier des gares de Saragosse et de Canfranc, des villages d’ouvriers, des villages traversés, des sites remarquables… L’ensemble constitue ainsi le patrimoine ferroviaire à préserver.

5-18
Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013

Cette étude constitue le premier lot de “5-11 Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013” et souhaité par le groupe quadripartite. L’objectif de cette étude est de déterminer les travaux strictement nécessaires pour permettre, dans une première phase, l’exploitation de la ligne sur la base d’un trafic maximum de 1,5Mt de marchandises par an. Cette étude est confiée par RFF aux bureaux d’études suisses BG Bonnard & Gardel Holding SA basé à Lausanne et SMA und Partner AG basé à Zürich pour un coût de 400k€, réajusté à 800k€.
Les bureaux d’études prennent en compte 4 scénarios différents qui différent par le type de traction et la mise en place d’une Ligne à Grande Vitesse entre Bordeaux, Dax et l’Espagne dans le cadre du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) :
          • scénario 1 : réouverture en traction électrique avec la réalisation de GPSO ;
          • scénario 2 : réouverture en traction électrique sans la réalisation de GPSO ;
          • scénario 3 : réouverture en traction thermique avec la réalisation de GPSO ;
          • scénario 4 : réouverture en traction électrique avec la réalisation de GPSO et la mise en place d’un péage au tunnel routier du Somport.
Concernant le trafic des voyageurs, l’étude considère la mise en place de 4 aller-retours quotidiens entre Pau et Saragosse à la remise en service prévue pour 2025. Le trafic des voyageurs estimé quel que soit le mode de traction à l’horizon 2025 est le suivant :
          • trafic international des scénarios 1, 3 et 4 avec la réalisation de GPSO : 95 000 voyageurs par an, soit 260 par jour ;
          • trafic international du scénario 2 sans la réalisation de GPSO : 155 000 voyageurs par an, soit 425 par jour ;
          • trafic local en France quel que soit le scénario : 258 000 voyageurs par an, soit 710 par jour ;
          • trafic local en Espagne quel que soit le scénario : 115 000 voyageurs par an, soit 315 par jour.
Concernant le trafic des marchandises avec un objectif de 1,5Mt par an, les estimations sont les suivantes :
          • trafic de marchandises dans les scénarios 1 et 2 en traction électrique :
                    o 310kt/an dont 22kt/an reporté des poids-lourds ;
                    o coût d’exploitation de 12,8€/t.km contre 8,5€/t.km sur le Réseau Ferré National ;
          • trafic de marchandises dans le scénario 3 en traction thermique :
                    o 30kt/an dont 0kt/an reporté des poids-lourds ;
                    o coût d’exploitation de 15,6€/t.km contre 8,5€/t.km sur le Réseau Ferré National ;
          • trafic de marchandises dans le scénario 4 en traction électrique et en instituant un péage au tunnel routier :
                    o 420kt/an.
Les estimations du trafic de marchandises sont donc très loin de l’objectif de 1,5Mt par an, ce qui s’explique par la faible attractivité du mode ferroviaire par rapport au mode routier, et par le fort surcoût d’au moins 50% de l’utilisation de cette ligne ferroviaire aux fortes déclivités, d’où une attractivité bien moindre que pour les passages latéraux de Port-Bou et Irun.
Dans tous les cas et après une analyse consistante, aucun scénario n’est véritablement satisfaisant, bien que le scénario 3 en traction thermique reste le moins mauvais de tous ces scénarios.

5-19
Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013

Cette étude constitue le deuxième lot de “5-11 Etudes complémentaires dans le cadre de la réouverture Oloron – Canfranc par groupe de travail franco-espagnol 2008-2013” et souhaité par le groupe quadripartite. L’objectif de cette étude est d’effectuer une nouvelle évaluation socio-économique du projet tenant compte, pour la partie française, des nouvelles méthodes en cours d’élaboration résultant du Grenelle de l’Environnement. Cette étude est confiée par RFF aux bureaux d’études français SYSTRA et NESTEAR (Nouveaux ESpace de Transport en Europe, Applications de Recherche) pour un coût de 100k€, réajusté à 200k€.
Les bureaux d’études reprennent en compte les 4 scénarios différents définis dans “5-18 Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013” et calculent les bilans socio-économiques de chacun de ces scénarios.
Concernant le trafic des voyageurs, les bilans d’exploitation des scénarios 1 et 3 en traction électrique ou thermique avec la réalisation de GPSO sont les suivants :
          • évolution de l’offre TER : +700 000 trains.km par an ;
          • variation du montant de subvention de l’Autorité Organisatrice des Transports : +240M€ ;
          • variation du coût d’exploitation : +280M€ ;
          • coût d’exploitation : 17€/train.km ;
          • variation des recettes voyageurs : +40M€ ;
Concernant le trafic des marchandises, les bilans d’exploitation des scénarios 1 en traction électrique et 3 en traction thermique sont très différents et sont les suivants :
Bilan d’exploitation fret du scénario 1 en traction électrique :
          • variation du bilan d’exploitation fret : +2M€ ;
          • variation du coût d’exploitation ferroviaire : +17M€ ;
          • coût d’exploitation : 12,8€/train.km ;
          • variation des recettes fret : +19M€ ;
          • bilan du gestionnaire d’infrastructure : -248M€.
Bilan d’exploitation fret du scénario 3 en traction thermique :
          • variation du bilan d’exploitation fret : +0M€ ;
          • variation du coût d’exploitation ferroviaire : +3M€ ;
          • coût d’exploitation : 15,6€/train.km ;
          • variation des recettes fret : +3M€ ;
          • bilan du gestionnaire d’infrastructure : -132M€.
Au final, la conclusion du bilan socio-économique suivant le scénario 1 en traction électrique avec la réalisation de GPSO est le suivant :
          • coût des travaux de Pau à Saragosse : 629M€ ;
          • mise en service en 2025 ;
          • Bénéfice Net Actualisé de -1 067M€ et Taux de Rentabilité Interne négatif et non-calculable.
Au final, la conclusion du bilan socio-économique suivant le scénario 3 en traction thermique avec la réalisation de GPSO est le suivant :
          • coût des travaux de Pau à Saragosse : 430M€, dont 91M€ d’Oloron à Bedous et 172M€ de Bedous aux Forges d’Abel ;
          • mise en service en 2025 ;
          • Bénéfice Net Actualisé de -748M€ et Taux de Rentabilité Interne négatif et non-calculable.
Ainsi, quel que soit le scénario, le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse n’est absolument pas intéressant sur le plan socio-économique. Le scénario 3 en traction thermique reste le moins mauvais, mais avec cependant un Bénéfice Net Actualisé de -748M€ et un Taux de Rentabilité Interne négatif et non-calculable qui le rend dans tous les cas inacceptable.

5-20
Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015 [18]

Pas encore officiellement connus les résultats de l’étude “5-19 Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013” qui conclut à une réouverture de la ligne ferroviaire qui n’est absolument pas rentable d’un point de vue socio-économique avec une prévision de trafic de marchandises indécente quel que soit le scénario, la Région Aquitaine et son Président sont de nouveau abasourdis. Ces conclusions sont très éloignées des résultats des études précédentes telles que “5-1 Audit des calculs de rentabilité réalisés par le Ministère de l’Equipement 2006 ” qui estime le Taux de Rentabilité Interne à +3,27%.
Devant cet état de fait qui condamne de nouveau la ligne ferroviaire définitivement à l’abandon, la Région Aquitaine décide de lancer une contre-expertise. Dans un premier temps, il s’agit d’analyser les différentes études précédemment réalisées afin d’étudier la rentabilité socio-économique de la ligne en listant les différentes méthodes de calcul et d’en expliquer les conséquences sur le résultat. Dans un second temps, il s’agit d’établir un calcul indépendant de la rentabilité socio-économique. Elle charge alors le bureau d’études Rail Concept de la réalisation de cette contre-expertise. Les coûts de ces première et seconde phases d’études sont de 75k€.
Il est à noter que cette étude “5-20 Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015” ainsi que sa suite “5-21 Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015” ont fait l’objet d’une demande de communication de la part de l’association CROC. C’est au terme d’un long épisode judiciaire que la Région Nouvelle-Aquitaine a dû accepter de rendre public cette étude, ce qui a fait dire à son Président cette réplique absolument hallucinante et devenue culte : “Si cette étude, telle que l’on me l’explique, se balade partout, on va tuer le projet.” Dans un article spécifique, le CROC revient sur le parcours judiciaire et ses analyses techniques faites en 2018 puis revues en 2022 : https://croc-aspe.com/?page_id=2806 .
Cette première phase revient sur les analyses du bilan socio-économique précédemment établies par les différentes études de RFF, du Ministère de l’Equipement et du Ministerio de Fomento, les écarts constatés sont analysés et l’impact de l’instruction cadre Royal-Cuvillier sur les bilans est examinée. Enfin, des pistes d’optimisation des bilans sont proposées.
L’étude analyse et revient sur les résultats de “5-19 Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013” afin de cerner les points pouvant être modifiés ou améliorés, et de déterminer des pistes d’optimisation.
Après étude des hypothèses prises, Rail Concept estime qu’il est possible d’améliorer le bilan socio-économique pour les voyageurs :
          • de +170M€ par correction des coûts d’exploitation ;
          • d’intégrer les gains de décongestion routière dans le bilan, soit +35M€ pour le scénario 1 en traction électrique et +20M€ pour le scénario 3 en traction thermique ;
          • de +30M€ par correction des coûts de maintenance et d’exploitation de l’infrastructure ferroviaire.
En revanche, il n’existe pas d’amélioration possible du bilan socio-économique pour le trafic de marchandises en raison du bilan négligeable par rapport au bilan voyageurs.
En mettant à jour les bilans socio-économiques avec ses optimisations, les résultats suivants sont obtenus :
          • scénario 1 en traction électrique : Bénéfice Net Actualisé corrigé à -829M€ puis corrigé à -772M€ après calcul de l’impact de l’instruction-cadre Royal-Cuvillier ;
          • scénario 3 en traction thermique : Bénéfice Net Actualisé corrigé à -532M€.
Ces résultats sont donc très loin d’être satisfaisants. C’est pourquoi, de nombreuses pistes d’optimisation sont proposées pour réduire le coût des travaux, pour améliorer la signalisation et permettre les circulations de plus de trains, pour gérer la ligne par un Opérateur Fret de Proximité, pour l’exploiter hors du périmètre du Réseau Ferré National, pour mettre en place un péage au tunnel routier du Somport,…
Malgré toutes ces optimisations, Rail Concept conclut que celles-ci permettent bien de rendre le bilan socio-économique plus attractif, mais qu’il est nécessaire de changer de contexte pour pouvoir espérer une rentabilité socio-économique bien supérieure.

5-21
Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 2 par Rail Concept 2014-2015 [19]

A la suite de sa première phase d’étude “5-20 Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, Phase 1 par Rail Concept 2014-2015”, Rail Concept développe ses améliorations proposées selon les différents scénarios suivants afin d’étudier leur rentabilité socio-économique.
          • scénario S0 : scénario optimisé avec la base RFF corrigée par Rail-Concept en considérant GPSO réalisé pour 2032 ;
          • scénario S1: scénario S0 optimisé en conservant la gestion d’infrastructure et l’exploitation publique et GPSO réalisé pour 2032 ;
          • scénario S2: scénario avec sortie du Réseau Ferré National et exploitation par un Opérateur Ferroviaire de Proximité qui gère l’infrastructure et l’exploitation et GPSO réalisé pour 2032.
Chaque scénario est étudié selon une variante en traction thermique et une variante en traction électrique de Pau à Canfranc. De plus des tests de sensibilité sont réalisés avec les deux hypothèses suivantes :
          • hypothèse 1 : mise en place d’un péage au tunnel routier du Somport ;
          • hypothèse 2 : absence de réalisation de GPSO.
Concernant les voyageurs, les hypothèses d’offre sont les suivantes :
          • 1 aller-retour Bordeaux – Saragosse en 5h45 dont 3h46 pour Pau – Saragosse ;
          • 3 aller-retours Pau – Saragosse en 4h35 ;
          • 3 aller-retours Pau – Oloron en 0h30 ;
          • 1 aller-retour Pau – Bedous en 0h57 ;
          • 4 aller-retours Huesca – Saragosse en AVE en 0h47.
En 2025, le scénario S0 permet d’obtenir les trafics suivants :
          • trafic fret estimé par an :
                    o en traction thermique : 0 à 100kt dont 0 à 100kt reporté de la route ;
                    o en traction électrique : 100 à 500kt dont 100 à 200kt reporté de la route ;
          • trafic voyageurs estimé à :
                    o international avec GPSO : 95 000 voyageurs par an, soit 260 par jour ;
                    o international sans GPSO : 155 000 voyageurs par an, soit 315 par jour ;
                    o local France : 260 000 voyageurs par an, soit 710 par jour ;
                    o local Espagne : 115 000 voyageurs par an, soit 315 par jour.
En 2025, le scénario S1 permet d’obtenir les trafics suivants :
          • trafic fret estimé par an :
                    o en traction thermique : 100 à 300kt dont 0 à 100kt reporté de la route ;
                    o en traction électrique : 200 à 700kt dont 100 à 200kt reporté de la route ;
          • trafic voyageurs estimé à :
                    o international avec GPSO : 95 000 voyageurs par an, soit 260 par jour ;
                    o international sans GPSO : 155 000 voyageurs par an, soit 315 par jour ;
                    o local France : 260 000 voyageurs par an, soit 710 par jour ;
                    o local Espagne : 115 000 voyageurs par an, soit 315 par jour.
En 2025, le scénario S2 permet d’obtenir les trafics suivants :
          • trafic fret estimé par an :
                    o en traction thermique : 500 à 1 000kt dont 500 à 700kt reporté de la route ;
                    o en traction électrique : 1 000 à 1 500kt dont 500 à 800kt reporté de la route ;
          • trafic voyageurs estimé à :
                    o international avec GPSO : 95 000 voyageurs par an, soit 260 par jour ;
                    o international sans GPSO : 155 000 voyageurs par an, soit 315 par jour ;
                    o local France : 260 000 voyageurs par an, soit 710 par jour ;
                    o local Espagne : 115 000 voyageurs par an, soit 315 par jour.
Les investissements à réaliser de Pau à Canfranc hors génie civil du tunnel ferroviaire sont les suivants :
          • scénario S0 :
                    o en traction thermique : 204M€ ;
                    o en traction électrique : 270M€ ;
          • scénario S1 :
                    o en traction thermique : 204M€ ;
                    o en traction électrique : 270M€ ;
          • scénario S2 :
                    o en traction thermique : 142M€ ;
                    o en traction électrique : 187M€.
L’estimation de coût de réhabilitation du tunnel ferroviaire est de 40M€ avec Renouvellement Voie Ballast partiel, double écartement UIC et ibérique, ERTMS Régional et mises aux normes de sécurité. Les estimations des coûts de la réhabilitation de Canfranc à Saragosse sont de 104M€ en traction thermique et 195M€ en traction électrique.
Les bilans socio-économiques ressortent à :
          • scénario S0 :
                    o en traction thermique : BNA de -482M€, TRI non calculable ;
                    o électrique : BNA de -820M€, TRI non calculable ;
          • scénario S1 :
                    o en traction thermique : BNA de -546M€, TRI non calculable ;
                    o en traction électrique : BNA de -794M€, TRI non calculable ;
                    o bilan annuel de fonctionnement : -18,6M€ ;
                    o contribution annuelle de la Région en tant qu’AOT : 7,0M€ ;
          • scénario S2 :
                    o en traction thermique : BNA de -64M€, TRI de +3% ;
                    o en traction électrique : BNA de -180M€, TRI de +2% ;
                    o bilan annuel de fonctionnement : -10,4M€ ;
                    o contribution annuelle de la Région en tant qu’AOT : 17,9M€ pour un TRI de 5% et 24,1M€ pour un TRI de 10% ;
                    o recettes du péage routier estimé à 3,3M€ ;
                    o autres recettes (tarification pour ski ou randonnée, train touristique, exploitation des commerces en gare, vente de produits touristiques) : 12,1M€.
Un péage de 100€ pour les poids-lourds au tunnel routier du Somport impacte faiblement le bilan socio-économique du projet, mais pourrait représenter un levier socio-économique pertinent en fonction des évolutions du cadre réglementaire. La mise en service de GPSO impacte faiblement le trafic et représente plutôt une opportunité.
Ainsi, selon Rail Concept, le projet de réouverture présente “une rentabilité socio-économique globalement à l’équilibre lorsqu’un modèle adéquat d’exploitation et de financement est mis en œuvre.” Le scénario S2 dans sa version thermique apparaît comme le plus pertinent, bien qu’ayant un Bilan Net Actualisé de -64M€. Ce scénario suppose un péage au tunnel routier du Somport permettant de dégager 3,3M€ par an de bénéfice et l’obtention d’autres recettes actuellement incertaines permettant de dégager 12,1M€ par an, ce qui est très loin d’être acquis et est un point dur qui reste toujours à démontrer.

5-22
Dossier d’enquête à la déclaration d’utilité publique de la réouverture Oloron – Bedous 2012 [20] [21] [22] [23] [24] [25]

La Région Aquitaine décide de rouvrir la section ferroviaire d’Oloron à Bedous. Une enquête publique est réalisée par le maître d’ouvrage RFF qui délègue cette fonction à SYSTRA. Les différentes études présentées au public [20] [21] [22] [23] [24] [25] sont toutes réalisées par SETEC et EGIS Rail en 2012. Même si ces études ne concernent pas directement la réouverture de Pau à Canfranc, elles y contribuent. Pour faire ce dossier d’enquête public, SETEC s’est basé sur les études précédemment faites “5-8 Etudes d’avant-projet section Oloron – Bedous par SYSTRA 2008-2011”, et “5-9 Etudes de projet Oloron – Bedous, études supplémentaires et mise en conformité des PN par RFF 2009-2011”.
Le projet se justifie par les sujets suivants :
          • réhabilitation d’une ancienne liaison ferroviaire permettant de désenclaver la vallée d’Aspe ;
          • offre d’une alternative aux liaisons routières ;
          • amélioration de la mobilité tout en préservant l’environnement ;
          • amélioration de la desserte de la périphérie d’Oloron avec la halte de Bidos.
Les travaux permettront d’avoir une vitesse maximale de 90km/h, la longueur des quais sera de 60m permettant d’accueillir les automotrices X73500, 9 passages à niveau sur un total de 27 sont à supprimer.
Il est prévu une desserte d’une heure aux heures de pointe et de 2 heures en heures creuses. Ce cadencement sera effectif grâce à la mise en place du croisement de Buzy-sur-Béarn et grâce à la durée du trajet qui diminuera à 32min entre Pau et Oloron une fois que la rénovation de cette section sera achevée en 2011. Le trafic prévisionnel par jour est de 201 voyageurs dans un scénario modéré et de 321 voyageurs dans un scénario optimiste. Par son existence, la halte de Bidos permet d’attirer 103 voyageurs. A noter que le bilan sur les émissions de polluants est négatif, les voyages détournés du mode routier au mode ferroviaire ne compensent pas les émissions polluantes des automotrices X73500 qui consomment 90l de gasoil aux 100km.
Le coût de construction de cette section est évalué à 100,4M€ en 2010, actualisé à 122M€ en juin 2012.
L’évaluation socio-économique est réalisée par EGIS Rail en octobre 2010. Cette évaluation conclut à un Bénéfice Net Actualisé de -206M€ et à un Taux de Rentabilité Interne négatif et non-calculable. L’exploitation de cette section mènera alors à un déficit annuel de 16,8M€ qui sera intégralement compensé par la Région Aquitaine.
A l’issue des travaux et de la réouverture, aucun des objectifs affichés n’est atteint. Pire, ces travaux faits au rabais se concrétisent par de nombreuses reprises et maintenance de la voie et des ouvrages d’art qui interrompent régulièrement les circulations pendant plusieurs semaines. Le désenclavement de la vallée d’Aspe est toujours d’actualité avec une population qui ne cesse de diminuer, le cadencement n’a jamais été institué, le croisement de Buzy n’est toujours pas en service, le trafic réel de quelques dizaines de voyageurs par jour est très éloigné de l’objectif modéré fixé à 201 voyageurs par jour, la halte de Bidos n’attire que quelques voyageurs chaque jour. Le coût total de la reconstruction incluant tous les aménagements non prévus initialement ainsi que la nécessité de faire des réparations de grande envergure restent un secret bien gardé. De même, les coûts de l’exploitation annuelle n’ont jamais été communiqués mais sont certainement très conséquents.

Les études de la Phase 6

6-1
Etudes avant-projet et projet de reprise des circulations jusqu’à Canfranc par RFF 2014-2017

A la suite d’un protocole d’accord entre la Région Aquitaine et le Gouvernement d’Aragón signé le 15 mars 2013 qui envisage la réouverture de la voie ferrée de Pau à Saragosse en 2020, la Région Aquitaine décide de lancer des études d’avant-projet sur la section Oloron – Bedous. Dès 2013, un ensemble d’activités sont lancées constituant la première partie du plan confié à RFF. Ces activités sont les suivantes :
          • l’inventaire écologique de l’ensemble de la ligne, nécessaire pour l’étude d’impact : “6-2 Inventaire écologique de l’ensemble de la ligne nécessaire à l’étude d’impact par RFF 2014-2017” ;
          • le débroussaillage des emprises de Bedous à Canfranc ;
          • la mise au point du marché de maîtrise d’ouvrage pour l’avant-projet ;
          • l’étude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire : “6-3 Etude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2014-2015” et “6-4 Etude d’approfondissement des modèles économiques imaginables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2015”.
Par la suite, il est prévu de réaliser les études d’Avant-Projet à partir de 2014 sans attendre la fin de ces quatre activités. Toutes les autres activités qui en découlent seront réalisées selon le planning suivant qui décrit le déroulement des études et des travaux :
          • 2012 à 2013 : études complémentaires ;
          • fin 2013 à 2015 : études d’Avant-Projet ;
          • 2015 à 2016 : enquête d’Utilité Publique et procédures associées ;
          • 2017 : Déclaration d’Utilité Publique ;
          • 2016 à 2017 : études de Projet et acquisitions foncières ;
          • 2018 : début des travaux ;
          • fin 2020 : mise en service de la section Bedous – Canfranc.
Le coût total de ces études d’avant-projet et de projet est de 6,01M€, mais seront prévus d’être réduits à 5,810M€ en 2015. Une subvention de 3,93M€ pour les coûts d’avant-projet et de projet est demandée à l’Europe par le gouvernement espagnol dans le cadre du RTE-T sous la dénomination “Etudes pour l’adéquation des infrastructures existantes sur la ligne internationale Saragosse – Canfranc – Pau pour la remise en service des trafics ferroviaires”. Cette subvention est refusée par l’Europe en novembre 2013 au prétexte que le projet est “immature” et de “mauvaise qualité”.
Ce refus de la Commission Européenne, conjugué au peu d’empressement des états français et espagnols, est l’une des nombreuses raisons qui ne feront pas aboutir le plan prévu initialement par la Région Aquitaine et son Président.
Finalement, seuls le débroussaillage de Bedous au tunnel du Somport qui fera l’objet d’un beau fiasco technique et financier, et les “6-2 Inventaire écologique de l’ensemble de la ligne nécessaire à l’étude d’impact par RFF 2014-2017”, “6-3 Etude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2014-2015” et “6-4 Etude d’approfondissement des modèles économiques imaginables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2015” sont finalisés.

6-2
Inventaire écologique de l’ensemble de la ligne nécessaire à l’étude d’impact par RFF 2014-2017

Cette étude constitue le premier lot de “6-1 Etudes avant-projet et projet de reprise des circulations jusqu’à Canfranc par RFF 2014-2017” et souhaité par la Région Aquitaine et le Gouvernement d’Aragón. L’objectif de cette étude est la réalisation de l’inventaire écologique sur l’ensemble de la section ferroviaire de Pau au tunnel du Somport, nécessaire pour l’étude d’impact. Elle comprend :
          • une étude écologique, sur un cycle biologique complet ;
          • un recueil plus général des données environnementales nécessaire à la réalisation de l’étude d’impact conformément à l’article R.122-5 du code de l’environnement en vue de l’identification des enjeux environnementaux de la zone d’étude dont les points à traiter sont :
                    o écologique : mission de collecte bibliographique des données et de prospections écologiques de terrain ;
                    o patrimonial : mission de collecte bibliographique des données patrimoniales ;
                    o administratif : mission de collecte bibliographique des données administratives ;
Le coût de ce diagnostic écologique réalisé sur 15 mois par RFF est estimé initialement à 100k€, puis réajusté à 105k€, puis finalement réajusté à 175k€.
Dans le détail, l’objectif du diagnostic est d’établir un état des lieux écologique le plus complet possible des secteurs traversés et de cibler les zones potentiellement les plus sensibles en identifiant les enjeux écologiques grâce à :
          • l’analyse des études antérieures ;
          • la collecte des données et identification des éléments du patrimoine écologique faisant l’objet d’une protection réglementaire et / ou présentant une sensibilité particulière ainsi que les éléments clés pouvant être affectés par le projet ;
          • les investigations de terrain qui permettent de confirmer et compléter ces données ;
          • la réalisation d’une bibliographie nécessaire à la réalisation d’une étude d’impact sur l’urbanisme (PLU), le plan de risques (PPRT), les paysages et le patrimoine tels que les monuments historiques, les sites inscrits et classés, l’eau, l’air et le climat, le bruit, les milieux naturels… ;
          • la collecte des données complémentaires nécessaires à la réalisation des évaluations d’incidences Natura 2000 ;
          • la demande de dérogation au titre des espèces protégées.
En 2017, un avenant supplémentaire est demandé sur :
          • la réalisation d’un inventaire forestier et écologique complémentaire à celui réalisé en 2014 ;
          • l’accompagnement pendant la phase de réalisation des travaux de débroussaillage ;
          • la production des demandes d’autorisation nécessaires à la réalisation de ces travaux de débroussaillage.
L’objet de la mission environnementale est donc de:
          • réaliser des investigations complémentaires avant le démarrage des travaux de débroussaillage afin de préciser les périodes d’intervention, les éventuelles autorisations administratives nécessaires en lien avec les enjeux faunistiques et floristiques des zones de travaux ;
          • apporter les éléments de connaissance complémentaires sur certains groupes faunistiques et floristiques nécessaires à la conception du projet et à la constitution du dossier d’étude d’impact ;
          • consolider une base de données SIG complète pour les milieux naturels ;
          • apporter un accompagnement au Maitre d’Ouvrage dans la phase d’anticipation des travaux.

6-3
Etude relative aux modèles technico-économiques et juridico-financiers envisageables pour le projet de réouverture au trafic ferroviaire de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2014-2015

Cette étude constitue la première étude du quatrième lot de “6-1 Etudes avant-projet et projet de reprise des circulations jusqu’à Canfranc par RFF 2014-2017” et souhaité par la Région Aquitaine et le Gouvernement d’Aragón. L’objectif de cette première étude est d’examiner en amont du lancement de l’avant-projet Bedous – Canfranc, les possibles modalités d’organisation juridiques et financières en lien avec les aspects techniques pour le projet de réouverture de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse.
Le coût de cette étude réalisée sur 24 mois par RFF est estimé à 150k€.
Cette étude comporte deux volets à réaliser simultanément. L’objectif de ces deux volets et de :
          • balayer largement le champ des possibles, dans un esprit d’ouverture et sans s’interdire des scénarios innovants, afin de préparer l’examen de solutions alternatives ;
          • faire un travail de type benchmarking qui s’attache à décrire des cas de lignes ayant au moins l’une des caractéristiques spécifiques comparable à Pau – Canfranc – Saragosse : petite ligne de montagne, mixte fret / voyageurs, section internationale, faible trafic, potentiel touristique…
Le volet 1 traite des aspects technico-économiques et consiste à :
          • examiner des modalités d’exploitation et / ou des services alternatifs à ceux envisagés jusqu’ici en identifiant les fonctionnalités nécessaires et leurs conséquences en termes de programme d’investissement et en caractérisant les principaux atouts et faiblesses de ces services permettant de préfigurer leur attractivité ;
          • faire apparaître les pistes d’optimisation du système et abandonner celles qui n’en sont pas, à partir d’une analyse essentiellement qualitative.
Le volet 2 traite des aspects juridico-financiers et consiste à :
          • analyser les aspects liés à l’infrastructure d’une part (investissement = création ou développement, entretien / maintenance et exploitation) ;
          • analyser les aspects liés aux services (organisation des services).
L’objectif final est de mettre en évidence les atouts et obstacles des montages susceptibles d’être applicables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse tels que la mise en évidence des conditions nécessaires, des étapes clef, du rôle des différents acteurs, et proposer une première approche de la mécanique des flux financiers et de leur dimensionnement. Tout ceci est à situer dans une perspective d’évolution crédible des réglementations et politiques européennes et nationales.
Au final, cette étude permet de dresser le cahier des charges de prestations à mener pendant l’avant-projet pour approfondir tel ou tel scénario.

6-4
Etude d’approfondissement des modèles économiques imaginables sur la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par RFF 2015

Cette étude constitue la deuxième étude du quatrième lot de “6-1 Etudes avant-projet et projet de reprise des circulations jusqu’à Canfranc par RFF 2014-2017” et souhaité par la Région Aquitaine et le Gouvernement d’Aragón. L’objectif de cette deuxième étude est d’approfondir les modèles économiques imaginables pour la ligne sur la base des études de trafic existantes, de proposer des modalités d’exploitation et de services offerts, d’établir leurs conséquences en termes de fonctionnalités nécessaires et en termes d’aménagements.
Le coût de cette étude réalisée sur 12 mois par RFF est estimé à 150k€.

6-5
Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen par Rail Concept, Eptisea, Antea Group 2015 [26]

Suite à l’action de la Commission Européenne “5-12 Décision n°661/2010/UE du Parlement européen et du Conseil 2010” et “5-15 Mise en œuvre des projets prioritaires – TEN-T 2011”, le projet de Nouvel Axe Ferroviaire à Grande Capacité Transpyrénéen est lancé avec pour objectif une réalisation à l’horizon 2050. De nombreuses études sont effectuées sous la maîtrise d’ouvrage du GEIE NAFGCT (Groupement Européen d’Intérêt Economique / Nouvel Axe Ferroviaire à Grande Capacité Transpyrénéen). Parmi toutes ces études, un consortium réunissant les bureaux d’études français et espagnols Rail Concept, Eptisea et Antea Group est chargé de définir les qualités et défauts des sept corridors envisagés qui doivent posséder les caractéristiques suivantes :
          • écartement UIC ;
          • rayon de courbure de 1 900m minimal ;
          • pente maximale absolue de 14‰ ;
          • tunnel bi-tube ;
          • gabarit GC ;
          • charge à l’essieu de 25t ;
          • signalisation en ERTMS niveau 2 ;
          • électrification en 2x25kV avec 3 sous-stations ;
          • train de fret de 850m ;
          • vitesse des trains de fret de 140km/h ;
          • vitesse des trains de voyageurs de 200km/h.
Parmi les sept corridors envisagés, le corridor D-2 Huesca – Sabiñanigo – Jaca – Bedous – Oloron comportant un tunnel de 33km entre Accous et Villanúa est celui qui se rapproche le plus de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse. Il est prévu 4 aller-retours par jour de trains de voyageurs de Toulouse à Saragosse pour un temps de parcours de 3h51. La prévision de trafic de voyageurs en 2040 est de 288 888 voyageurs par an, soit 790 par jour. La prévision de trafic de marchandises est de 2,0Mt par an en 2040, 2,9Mt par an en 2060 et 6,6Mt par an en 2090. Le coût total des travaux à réaliser est de 3 891M€ dont 1 609M€ côté France et 2 282M€ côté Espagne.
La Valeur Actuelle Nette est de -6 044M€ selon la méthode Royal-Cuvillier et -2 348M€ selon la méthode européenne, le Taux de Rentabilité Interne est estimé à +0,6%. Ces mauvais résultats font que le corridor D-2 est le pire corridor parmi les sept envisagés en terme de bilan socio-économique.
A la suite d’une analyse multicritère prenant en compte les aspects techniques, environnementaux, fonctionnels, socio-économiques, territoriaux, ce corridor D-2 est valorisé à la sixième place.
Bien qu’étant une version largement améliorée de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse, ce corridor D-2 n’en reste pas moins décevant et désenchantant au regard des six autres corridors, et prouvant que la ligne Pau – Canfranc – Saragosse ne peut pas être une solution envisageable pour la traversée des Pyrénées.

6-6
Dossier informatif sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse par Gobierno de Aragón 2016 [27]

Ce dossier informatif est avant tout un document qui synthétise l’historique des événements liés à la ligne ferroviaire depuis l’an 2000. Après un bref historique de la ligne où il est indiqué que le trafic de voyageurs fut maximal en 1947 avec 300 000 voyageurs, soit 820 voyageurs par jour, ce document liste toutes les actions faites au niveau national, au niveau régional et au niveau européen afin de contribuer à la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse.
Au niveau national, les événements notables sont les suivants :
          • 23 mai 2000 : sommet franco-espagnol de Santander où le ministre Jean-Claude Gayssot annonce sa volonté de rouvrir la ligne et octroie 85M€ de l’Etat dans le CPER 2000-2006, pourtant aucun investissement ne sera réalisé ;
          • octobre 2001 : sommet intergouvernemental à Perpignan où est annoncée la date limite de 2006 pour la réouverture de la ligne ;
          • décembre 2004 : sommet de Saragosse puis octobre 2005 : réunion à Barcelone avec création d’un groupe de travail entre régions concernées et gouvernements et prise en compte de la Traversée Centrale des Pyrénées ;
          • novembre 2006 : sommet de Gérone qui aboutit aux mêmes conclusions ;
          • 10 janvier 2008 : sommet franco-espagnol de Paris avec création du groupe de travail quadripartite ;
          • 28 avril 2009 : sommet franco-espagnol de Madrid où la volonté de rouvrir la ligne est réaffirmée ;
          • 10 octobre 2012 : sommet franco-espagnol de Paris où la volonté de rouvrir la ligne est réaffirmée ;
          • 27 novembre 2013 : sommet franco-espagnol de Madrid où la volonté de rouvrir la ligne est réaffirmée ;
          • 1er décembre 2014 : sommet franco-espagnol de Paris où la volonté de rouvrir la ligne est réaffirmée.
Le groupe de travail quadripartite s’est réuni aux dates suivantes :
          • 16 janvier 2008 à Madrid ;
          • 29 mai 2008 à Bordeaux ;
          • 28 janvier 2009 à Huesca ;
          • 30 avril 2010 à Pau où a été signé le Mémorandum Cadre pour la réalisation d’études complémentaires au projet de réouverture de la ligne avec les actions suivantes :
                    o définition des actions à mener côté France pour permettre l’exploitation de la ligne pour 1,5Mt/an avec investissement côté France de 410M€ dont 140M€ pour Pau – Bedous et 50M€ pour l’électrification, et avec investissement côté Espagne de 280M€, “5-18 Etude des travaux strictement nécessaires pour une exploitation avec 1,5Mt/an maximale par BG / SMA 2008-2013” ;
                    o étude des actions nécessaires pour garantir la sécurité réciproque des tunnels routiers et ferroviaires et leurs conditions d’exploitation, “5-14 Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011” ;
                    o nouvelle évaluation socio-économique en tenant compte des nouvelles méthodes liées au “Grenelle de l’Environnement” car la précédente évaluation est considérée comme mauvaise sachant que le Taux de Rentabilité Interne calculé en Espagne est de +12,5%, “5-19 Etude de trafic et de bilans socio-économiques prenant en compte les nouvelles méthodes issues du Grenelle de l’Environnement par SYSTRA / NESTEAR 2008-2013” ;
          • 30 novembre 2011 à Saragosse avec la volonté de rouvrir la ligne pour 2020 ;
          • 1er juillet 2014 à Saragosse.
Au niveau régional, les événements notables sont les suivants :
          • 10 mai 2001 : accord de coopération transfrontalière entre l’Aquitaine et l’Aragón ;
          • 15 mars 2013 : renouvellement de l’accord avec signature de la feuille de route 2012-2020 “Récupération du trafic sur la ligne ferroviaire internationale Pau – Canfranc – Saragosse” où les régions s’engagent à demander des fonds européens dans le cadre de l’appel pluri-annuel 2012 et où sont listées les actions à mener de 2012 à 2020 pour la réouverture de la ligne à échéance 2020.
Au niveau Espagne, les derniers événements notables sont les suivants :
          • 6 juillet 2010 : financement de l’étude visant à garantir la sécurité dans le tunnel du Somport, “5-14 Etudes des exigences pour garantir la sécurité dans le tunnel ferroviaire du Somport par INECO 2008-2011” ;
          • 16 décembre 2013 : accord de collaboration pour l’amélioration de la ligne Huesca – Canfranc et son adaptation au trafic international.
Au niveau européen, les événements notables sont les suivants :
          • 2001 : édition du Livre Blanc sur les transports qui mentionne la nécessité de réhabiliter la ligne et la priorité à améliorer la perméabilité des Pyrénées par des liaisons routières ou ferroviaires, “4-5 Livre blanc de la Commission Européenne sur la politique des transports 2001” ;
          • 2007-2013 : dans le cadre du Programme Opérationnel de Coopération Territoriale Espagne-France-Andorre POCTEFA INTERREG IV A, réalisation du projet Canfraneus avec dotation du fonds FEDER de 2 378 802€ sur un coût total de 3 659 696€ qui a permis la réalisation de diverses études et actions préalables à la réouverture Oloron – Bedous en 2016 ;
          • 2014-2020 : dans le cadre du Programme Opérationnel de Coopération Territoriale Espagne-France-Andorre POCTEFA 2014-2020, réalisation du projet de Canfraneus II avec dotation du fonds FEDER de 361 673€ sur coût total de 556 420€ qui permettra la réalisation de l’étude approfondie de la sécurité réciproque des tunnels, “6-9 Etude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire et de leurs conditions d’exploitation par IDOM 2018”, pour un objectif de réouverture en 2020.

6-9
Etude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire et de leurs conditions d’exploitation par IDOM 2018

Cette étude est à l’initiative du Gouvernement d’Aragón et de la Région Aquitaine dans le cadre du projet Canfraneus II. L’objectif est de définir les conditions de sécurité et d’exploitation concomitante du tunnel routier du Somport et du tunnel ferroviaire désaffecté. Sa réalisation a été confiée au bureau d’études espagnol IDOM Consulting, Engineering, Architecture SAU pour un budget initialement prévu de 124k€. Finalement, le budget de réalisation de cette étude s’est limité à 92k€.

6-12
Mise à jour de l’étude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire du Somport 2019

Cette étude est une mise à jour de “6-9 Etude de sécurité réciproque des tunnels internationaux routier et ferroviaire et de leurs conditions d’exploitation par IDOM 2018” commandée par la Fundación Transpirenaica. Des propositions sont faites pour abaisser la section du tunnel de 50cm sous la hauteur d’origine de la voie actuelle et de retirer 40cm de mur latéral.

Les études de la Phase 7

7-1
Établir les liaisons manquantes entre la France et l’Espagne par Nouvelle-Aquitaine et Aragón 2017-2025 [28] [29] [30]

Ce dossier de presse [28] résume bien les études en cours financées par l’Europe au titre du Mécanisme d’Interconnexion en Europe par les projets successifs 2016-EU-TA-0210-S, 2019-EU-TA-0040-M et 22-EU-TG-PCZ 2022. Entre les crises politiques successives en Espagne, la crise sanitaire de 2020 et la mauvaise volonté des uns et des autres, ces études à rallonge n’en finissent pas, même si la clôture de ces études est attendue pour fin 2023. Tout porte à croire qu’elles se poursuivront au moins jusqu’en 2024, voire même jusqu’en 2025. C’est ainsi que ces études se déroulent sur une période d’au minimum 7 années pour un coût qui avoisine désormais les 35M€, et ce n’est certainement pas fini.
Peu d’information sont disponibles au sujet de ces études, exceptées les études de convergence [29] [30] qui sont en partie disponibles.
Ces études font l’objet des articles très complets “Les études en cours et à venir financées par l’Europe” https://croc-aspe.com/?page_id=2991 et “Les études de convergence et d’avant-projet en cours” https://croc-aspe.com/?page_id=3124 .

7-2
“Livre Blanc” : Les leviers d’optimisation du trafic de la ligne Pau – Canfranc – Saragosse par Trans-Missions, Eurotran, TTK, TRA Consulting 2018-2019 [31]

Les études vont être longues et ne seront pas à l’avantage du projet, il s’avère donc nécessaire d’être constamment présent et de faire constamment de la communication. Rien de mieux qu’une étude pour relancer cette communication et faire parler de la réouverture de la ligne ferroviaire : c’est le but de ce “Livre Blanc”. Commandé à quatre bureaux d’études différents pour un coût de 177k€, réalisé par dix consultants, chefs de projets, ingénieurs et directeurs d’étude, ce Livre Blanc ne restera pas dans l’histoire tellement son contenu frise le ridicule. Reprenant les contenus d’anciennes études, étudiant les lignes touristiques ferroviaires existantes dans d’autres régions et d’autres pays, il cherche à établir un diagnostic, à identifier les leviers de développement et à proposer des plans d’actions afin de faire de la réouverture une réussite. L’ambition est louable, mais va vite tourner à un document indigeste ni fait, ni à faire et qui multiplie les erreurs, mensonges, lieux communs au point d’en ridiculiser leurs auteurs.
Sans surprise, ce Livre Blanc ne trouve que du bien à la réouverture en proposant :
          • un levier touristique qui justifierait la création d’un train touristique dénommé “Train des Pyrénées” ;
          • un levier transport de fret basé sur du transport potentiel et qui permettrait de transporter de 1,5 à 2,0Mt de marchandises par an.
Pour cela, la gestion serait confiée à un Opérateur Fret de Proximité avec une structure adaptée qui gèrerait l’infrastructure et l’exploitation. S’en suit tout un ensemble de plans d’actions tous, tout autant irréalisables et ridicules les uns que les autres. A peine édité, ce “Livre Blanc” est très vite parti au fond des placards rejoindre tous ces illustres prédécesseurs.
Ce “Livre Blanc” fait l’objet d’un article très complet “Le “Livre Blanc” ou comment les pieds nickelés du ferroviaire s’y mettent à 4 pour pondre un rapport que même un mauvais stagiaire aurait mieux fait” : https://croc-aspe.com/?page_id=973 .

7-3
Elaboration du projet d’implantation de l’écartement standard sur le tronçon de la ligne entre Huesca et Canfranc 2021 [32] [33] [34] [35]

Comme indiqué dans l’action 7 de “7-1 Établir les liaisons manquantes entre la France et l’Espagne par Nouvelle-Aquitaine et Aragón 2017-2025”, l’Espagne souhaite rénover la section ferroviaire de Saragosse à Canfranc. Les études concernant la première phase de ce projet, à savoir la rénovation de Huesca à Canfranc fournissent l’ensemble des données sur l’exploitation envisagée de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse dans l’avenir. Les caractéristiques techniques sont très décevantes puisque peu d’améliorations sont envisagées :
          • mise à l’écartement UIC ;
          • mise au gabarit GB uniforme ;
          • charge à l’essieu de 22,5t ;
          • pas d’augmentation de la vitesse des trains : toujours de 60 à 110km/h ;
          • pas d’augmentation de la longueur des quais : toujours de 50 à 200m ;
          • pas d’augmentation de la longueur des trains : toujours de 300m et si possible de 450m en 2040 ;
          • pas d’électrification à la réouverture, possible électrification en 25kV à une date inconnue ;
          • signalisation en ERTMS niveau 1 et ASFA en Espagne ;
          • communications en GSM-R voire en FRMCS ;
          • suppression de tous les passages à niveau ;
          • conservation du cantonnement actuel avec toujours un canton de 41km entre Santa María y La Peña et Sabiñánigo.
Il s’en suit que l’exploitation sera peu différente de ce qui existe actuellement et que les durées des trajets ne seront pas améliorées :
          • durées des trajets identiques aux trajets actuels, même en cas d’électrification ;
          • trajet de Pau à Saragosse de 4h58 à 5h04 avec seulement 2 aller-retours journaliers ;
          • trajet de Pau à Bedous toujours de 1h05 avec seulement 5 aller-retours journaliers ;
          • trajet de Saragosse à Canfranc toujours de 4h03 avec seulement 4 aller-retours journaliers ;
          • pas de liaisons directes avec Madrid, Bordeaux ou Toulouse ;
          • trafic de containers par couplage de 2 locomotives à traction thermique entre la France et l’Espagne ;
          • trafic de céréales par couplage de 2 locomotives à traction thermique de la France vers l’Espagne ;
          • 1 aller-retour journalier à la réouverture, puis 3 aller-retours journaliers en 2050 de trains de marchandises ;
          • trajet des trains de marchandises de 07h10 à 11h23.
Cette étude fait l’objet d’un article très complet “Les études de convergence et d’avant-projet en cours” : https://croc-aspe.com/?page_id=3124 .

Quelques références

[1] : Conditions et conséquences de la reprise du trafic sur la ligne Pau-Canfranc-Saragosse – Xavier Piolle, Pascal Palu, Charles Antoine Arnaud, Hélène Guillin – Laboratoire de Recherches Industrielles et Urbaines, Université de Pau et des Pays de l’Adour, Chambre de Commerce et d’Industrie de Pau – juin 1978

[2] : L’Europe du sud-ouest (Massif central, Pyrénées, Espagne et Portugal) et le réseau européen des grands axes de communication – Jacques Buy – Commission des problèmes régionaux et de l’aménagement du territoire, Conseil de l’Europe – 1980

[3] : Informe sobre el ferrocarril Zaragoza-Pau, por Canfranc – Sánchez Blanco y Asociados – Aragón Dirección General de Carreteras y Transportes, Diputación General de Aragón – 1988

[4] : Viabilidad técnico-económica de la reapertura al tráfico internacional de la línea ferroviaria Zaragoza-Canfranc-Pau – INECO – Ministerio de Transporte, Turismo y Comunicaciones, RENFE – septiembre 1990

[5] : Estudio de alternativas de mejora del trayecto Sagunto-Zaragoza-Pirineo central, Viabilidad del corredor ferroviario Valencia-Zaragoza-Pirineos – Iberinsa – Ministerio de Fomento – julio 1999

[6] : Actuaciones e inversiones para la reapertura del ramal ferroviario Zuera – Turuñana – Plataforma pro-ferrocarril directo a los Pirineos – D&H – Sabiñanigo, marzo 1999

[7] : Les transports à travers les Pyrénées, Enjeux et perspectives – Conseil Général des Ponts et Chaussées – mai 2001

[8] : Estudio Informativo de la Travesía Central de los Pirineos, Túnel de Baja Cota, Sinthesis – BB & J Consult, S.A, Ingeniería 75, S.A, Gobierno de Aragón – octubre 2002

[9] : Proyecto de Construcción para la reapertura del túnel internacional de la línea férrea Zaragoza – Pau y remodelación de la playa de vías de la estación de Canfranc (Fases 1 y 2) – AEPO – 2006

[10] : Audit des études techniques de la réouverture de la ligne ferroviaire Pau Canfranc pour le compte du Conseil Régional de l’Aquitaine, Rapport Phase 1 – TTK – 10 janvier 2006

[11] : Audit des études techniques de la réouverture de la ligne ferroviaire Pau Canfranc pour le compte du Conseil Régional de l’Aquitaine, Dossier de synthèse – TTK – 6 février 2006

[12] : Posibilidades y viabilidad para la reapertura del Canfranc – Ingeniería y Economía del Transporte, INECO S.A., Robert Claraco Consulting – Consejo Económico y Social De Aragón – 2009

[13] : Complément d’étude sur Pau-Canfranc-Saragosse – Conseil Economique et Social Régional d’Aquitaine – 21 janvier 2010

[14] : Estudio de las actuaciones para garantizar la seguridad en el túnel ferroviario de Canfranc – 2. Examen pericial de la situación actual del túnel – ineco – noviembre 2011

[15] : Estudio de las actuaciones para garantizar la seguridad en el túnel ferroviario de Canfranc – 5. Análisis de la funcionalidad y explotación conjunta del túnel carretero y el túnel ferroviario – ineco – noviembre 2011

[16] : Estudio de las actuaciones para garantizar la seguridad en el túnel ferroviario de Canfranc – 6.2. Manual de explotación del túnel ferroviario de Canfranc Documento 1: Condiciones de explotación – ineco – noviembre 2011

[17] : Etude d’opportunité pour la valorisation patrimoniale de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – Saragosse – 2012

[18] : Rapport final Phase 1 Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – version n°4 – Rail Concept – 28 avril 2015

[19] : Rapport final Phase 2 Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour l’analyse de l’évaluation socio-économique de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc – version n°5 – Rail Concept – 3 juillet 2015

[20] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce A Présentation de l’enquête – version D – SETEC – juin 2012

[21] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce B Présentation du projet – version D – SETEC – juin 2012

[22] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce C1 Résumé non technique de l’étude d’impact – version D – SETEC – juin 2012

[23] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce C2 Etude d’impact sur l’environnement – version D – SETEC – juin 2012

[24] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce C3 Etude d’incidence Natura 2000 – version D – SETEC – juin 2012

[25] : Dossier provisoire d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et à la suppression des passages à niveau – Pièce D Evaluation socio-économique – version E – SETEC – septembre 2012

[26] : Etude des corridors de tracés possibles pour le nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen – Rail Concept, Eptisea, Antea Group – 28 décembre 2015

[27] : Dossier informativo Reapertura de la línea ferroviaria internacional Pau-Canfranc-Zaragoza – Gobierno de Aragón, Departamento de Vertebración del Territorio, Movilidad y Vivienda – 2016

[28] : Établir les liaisons manquantes entre la France et l’Espagne, Études pour la réhabilitation du tronçon ferroviaire transfrontalier Pau-Saragosse, Dossier de presse – Région nouvelle-Aquitaine – 1er décembre 2017

[29] : Superando las conexiones perdidas entre Francia y España: Estudios para la rehabilitación de la sección ferroviaria Transfronteriza Pau-Zaragoza – Presentación de las hipótesis de convergencia – diciembre 2019

[30] : Bridging missing links between France and Spain : Studies for the rehabilitation of the cross-border railway section Pau-Zaragoza – Activity 7 : pre-design studies for the upgrade and preparation for future operation in Zaragoza-Canfranc section – Documento de identificación de las actuaciones y tramitaciones necesarias para la actualización y preparación para la futura operación del tramo ferroviario Zaragoza-Canfranc – INECO – julio 2019

[31] : Livre Blanc – Les leviers d’optimisation du trafic de la ligne Pau-Canfranc-Saragosse – Avec le projet Canfraneus – Fundacion Transpirenaica, Région Nouvelle-Aquitaine, Interreg POCTEFA, Gobierno de Aragón – décembre 2019

[32] : Estudio informativo de implantación del ancho estándar en el tramo Huesca-Canfranc – Documento n°1. Memorias y anejos – INECO – diciembre 2021

[33] : Estudio informativo de implantación del ancho estándar en el tramo Huesca-Canfranc – Antecedentes – Anejo 01 – INECO – diciembre 2021

[34] : Estudio informativo de implantación del ancho estándar en el tramo Huesca-Canfranc – Análisis funcional – Anejo 02 – INECO – diciembre 2021

[35] : Estudio informativo de implantación del ancho estándar en el tramo Huesca-Canfranc – Documento n°1. Valoración – INECO – diciembre 2021